Le succès de Superman, l’année précédente ( voir Superman: 1938), incite les différents éditeurs de comic books à multiplier les imitations de ce concept unique et novateur. Pour DC Comics et son responsable éditorial, Vin SULLIVAN, la tâche est rude : il va fall oir fournir un nouveau super-héros, aussi fascinant que le précédent, à ses lecteurs.
Un défi que tient à relever le jeune cartoonist Bob KANE , qui élabore en premier lieu un personnage appelé « Bird-Man ».

Un Chevalier qui surgit hors de la nuit

Rapidement, Bob KANE s’orientevers un « Bat-Man » en constatantque l’appareil volant, conçu par Leonardo DE VINCI, s’inspiraitdes ailes d’une chauve-souris.Mais c’est Bill FINGER, scénariste et ami de Bob KANE, qui va aider le dessinateur à concevoir lepersonnage, et lui soufflera l’idée d’aller à l’opposé de Superman. Si ce dernier avançait à visagedécouvert, dans un costume auxcouleurs vives et primaires, le« Bat-Man » lui aura droit à unmasque intégral, une cape et unjustaucorps gris et noir. Ne vientapporter un peu de couleur qu’une légère ceinture à gadgets dorée, héritage du héros de pulp, DocSavage. FINGER et KANE vont ainsis’inspirer de leurs lectures, filmset serials favoris pour aboutir à unpersonnage composite mais déjà bien défini.Dès son apparition, dans DetectiveComics #27 (mai 1939), le lecteurpeut découvrir le milliardaire Bruce Wayne, qui se déguise la nuittombée en justicier masqué, le« Bat-Man » – Batman à partir desa troisième aventure –. Égalementprésent, le Commissaire Gordon,ami de Wayne, qui ignore tout desa double identité, mais cherche àcapturer le justicier.

batman

Sous l’impulsion du scénariste Gardner FOX, Bob KANE et
Sheldon MOLDOFF créent un équipement à l’effigie du héros
(Detective Comics #31, septembre 1939).

En effet, dèsses premières aventures, le Batmandevra se confronter autant à la pègre qu’aux forces de l’ordre, et ses talents de détective et d’artiste de l’évasion le tireront de plus d’un mauvais pas. Si dans les premiers temps, le Batman n’utilise que peu d’équipement – tout juste une corde et une automobile rouge – l’arrivée du scénariste Gardner FOX, en remplacement de Bill FINGER, sur les numéros 29 à 34 de Detective Comics, va multiplier les gadgets, souvent à l’effigie du héros : Bat-gyro, batarang et autrescapsules de gaz ou ventouses àescalade, seront utilisés par un héros confronté à des vilains deplus en plus menaçants. Ainsi, le Batman va coup sur coup semesurer au Dr Death, un savant fou qui finit défiguré (Detective #29 et30), au Moine, un vampire assisté de la dangereuse Dala (Detective #31 et 32), et à Carl Kruger, dictateur d’opérette obsédé par Napoléon, qui conduit des attaques terroristes à l’aide d’un dirigeable armé de lasers. Et même si la ville dans laquelle  Batman évolue n’est pas encore appelée Gotham City, et si Bruce Wayne entretient une romance éphémère avec l’actrice Julie Madison, ces épisodes introduisent déjà plusieurs figures imposées : des malfaiteurs mégalomanes et portés sur les inventions ingénieuses ou sur le surnaturel, une ambiance nocturne constante, et un sombre protecteur, intransigeant avec le crime.

Ce sont d’ailleurs les premières pages du Detective Comics #33, vraisemblablement écrites par Bill FINGER, qui nous révèlent les origines du héros : un hold-up à la sortie d’un cinéma qui tourne mal pour deux éminents membres de la haute société, et leur fils qui jure de les venger… La légende qui allait inspirer de nombreux créateurs, de Frank MILLER à Christopher NOLAN, se trouve déjà établie dans ces deux pages réalisées par Bob KANE et son assistant d’alors, Sheldon MOLDOFF.

 

Plus d'articles