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Personnage très populaire de l’univers DC, Green Arrow n’a pourtant jamais connu la même gloire qu’un Green Lantern ou qu’un Flash. La série télévisée qui lui est consacrée depuis peu changera peut-être la donne. En attendant, le personnage continue une carrière édifiante au sein du catalogue de l’éditeur. Il dispose actuellement d’une série à son nom, et fait, comme aujourd’hui, de nombreuses apparitions dans d’autres séries.

Green Arrow fait partie des super-héros créés durant l’Âge d’Or, cette période qui débute avec l’apparition de Superman en 1938, pour se terminer à l’après guerre, lorsque les super-héros perdent en popularité. Il apparaît pour la première fois dans More Fun Comics #73 (novembre 1941), créé par Mort WEISINGER et George PAPP. Cet archer vêtu de vert est librement inspiré de Robin des Bois, le légendaire personnage devenu héros de littérature et de cinéma.

La caste des archers

Cependant, si Green Arrow est, pendant longtemps, l’incarnation de l’archer moderne parmi les super-héros (Hawkeye, chez Marvel, ne sera inventé que dans les années 1960), ce n’est pas le premier super-héros utilisant un arc et des flèches pour combattre le crime. Cet honneur revient à The Arrow, apparu dans son costume rouge dans Funny Pages,  de l’éditeur Centaur, dès 1938. De même, le premier ennemi costumé de Superman s’appelle justement The Archer, et c’est un Robin des Bois moderne et cruel, qui tue ses victimes (Superman #13, novembre 1940). Alias the Spider, quant à lui, apparaît en 1940 dans Crack Comics de l’éditeur Quality, et il est le premier à utiliser des flèches truquées bardées de gadgets. C’est sur ce créneau que se positionne Green Arrow, qui utilise plein de flèches aux fonctions multiples.

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Green Arrow dans la Jack Kirby Anthologie

 

Il se déplace dans une Arrowmobile et est assisté d’un jeune side-kick, Speedy. Toute cette panoplie évoque bien évidemment Batman, avec lequel ce justicier partage bien des traits. Les aventures de Green Arrow se poursuivent dans différentes revues, que ce soit More Fun Comics, World’s Finest Comics, Leading Comics ou Adventure Comics. À la fin des années 1950, c’est Jack KIRBY qui en dessine les aventures, ajoutant une touche de science-fiction à des aventures déjà débridées. Green Arrow affronte des géants et des extraterrestres dans des récits qui tranchent d’avec la criminalité urbaine. C’est à l’occasion de cette prestation que Jack KIRBY, aidé par le scénariste France HERRON, redéfinit les origines de Green Arrow, donnant une version qui, dans ses grandes lignes, demeure encore officielle de nos jours (Adventure Comics #256, janvier 1959). Tombé à la mer, Oliver Queen parvient à rejoindre à la nage une île isolée, sur laquelle il confectionne un arc et des flèches de fortune. Ses nouveaux talents lui permettent de briser une mutinerie sur un navire qui mouille au large, et de regagner la civilisation, où il décide de mettre son don au service de la lutte contre la criminalité.

Modernisation

Contrairement à beaucoup de personnages DC de l’époque, Green Arrow n’est pas modernisé. Quand il recrée Flash, Green Lantern ou Atom, Julius SCHWARTZ décide de ne garder des héros que leur nom et leurs pouvoirs, mais de changer tout le reste, à commencer par le costume et l’identité secrète. Green Arrow n’a pas droit à un tel traitement. Il reste Oliver Queen, riche milliardaire qui joue de l’arc à ses moments perdus. Il continue à vivre des aventures dans  différentes revues, et le regain d’intérêt pour les super-héros au tournant des années 1960 lui redonne de la visibilité. Il intègre la Ligue de Justice dans Justice League of America #4, et ne fait donc pas partie des fondateurs. Ce qui fait que, comme Snapper Carr, il écoute attentivement les récits que les autres lui font. C’est en 1969 que Bob HANEY et Neal ADAMS décident de donner au personnage une allure plus moderne. Dans Brave and the Bold #85 (août 1969),  Green Arrow apparaît avec une barbiche blonde qui le fait ressembler encore plus à Robin des Bois, et son tempérament est endurci, comme on le voit dans Justice League of America #75 (novembre 1969).

De fait, Oliver Queen a perdu sa fortune, et a développé une sensibilité de gauche, qui le rend très attentif aux malheurs des plus démunis et aux inégalités sociales. C’est à la même époque que Green Arrow fait équipe avec Green Lantern, dans une suite d’épisodes réalisés par Dennis O’NEIL et Neal ADAMS, où les deux héros partent à la découverte de l’Amérique, et tentent d’en combattre les travers. C’est également à cette époque que Green Arrow entame une relation amoureuse, aussi passionnée que houleuse, avec Black Canary. Enfin, c’est dans cette même période que le scénariste Elliot S! MAGGIN rédige « What can one man do ? », publié dans Green Lantern / Green Arrow #87 (décembe 1971), où Oliver Queen s’interroge sur son rôle de héros et songe à briguer la mairie, où il pense être plus utile. Réflexion sur la place du héros, ce récit, et toute cette période, définissent ce que Green Arrow sera par la suite.

Après Crisis on Infinite Earths (1986), Green Arrow est remis au goût du jour grâce à Mike GRELL, qui écrit et dessine la nouvelle version du personnage, d’abord dans  la mini-série The Longbow Hunters, puis dans la série régulière. L’auteur, qui s’était rendu célèbre chez DC grâce à l’aventurier Warlord, et chez First grâce au justicier Jon Sable, semble parfaitement s’accorder avec le personnage. La série développe une dimension sociale très forte, et le héros est plongé dans un monde urbain gangrené par la criminalité. Le ton est très réaliste, mais prend également le soin de développer le couple Green Arrow / Black Canary. Sorte de Jiminy Cricket de la Ligue de Justice, Green Arrow est un personnage hâbleur doublé d’un grand séducteur. Chuck DIXON, qui succède à Mike GRELL aux commandes de la série, se consacre surtout à l’action, dans la veine polar surnaturel. Dans Green Arrow #100-101, Oliver infiltre un gang de terroristes, mais meurt dans une explosion. Pendant cinq ans, il est remplacé par son fils, Connor Hawke, qui reprend son titre et son costume.

Il faudra attendre une nouvelle série Green Arrow, lancée en 2000 par le cinéaste Kevin SMITH, pour voir revenir Oliver Queen, ressuscité par le pouvoir que possédait Hal Jordan à l’époque de la saga Zero Hour. Revenu à la vie et à nouveau conscient, Oliver Queen reprend sa croisade contre le crime. Kevin SMITH en profite pour rédiger des scènes fort amusantes qui permettent de donner une caractérisation forte du personnage. Ainsi, les lecteurs découvrent que le râleur gauchiste Green Arrow est l’un des meilleurs amis du râleur réactionnaire Hawkman, et qu’ils s’entendent comme larrons en foire. Cette nouvelle série Green Arrow sera marquée par la personnalité du scénariste Judd WINICK, qui apporte de nombreuses nouveautés. Parmi elles, il faut compter la présence de Mia Dearden dans l’entourage d’Oliver, une jeune fille atteinte du SIDA et appelée à devenir la nouvelle Speedy. Autre innovation, Oliver Queen se lance dans la course de la mairie de Star City. Judd WINICK apporte donc une réponse à la question qu’avait soulevée Elliot S! MAGGIN en 1971. Politiquement engagé, Oliver s’engage aussi auprès de Dinah Lance, alias Black Canary, qu’il épouse en 2007, après de longues années de ruptures et de retrouvailles.

Aujourd’hui, Green Arrow, comme tous les personnages DC, a subi une métamorphose à la suite de Flashpoint. Et pour tout dire une « Renaissance ». Le voici plus jeune, à la limite d’être hors-la-loi, considéré d’un mauvais oeil par le pouvoir officiel. Mais toujours rebelle et sûr de lui. D’une certaine manière, une fois encore, Green Arrow perpétue la tradition instaurée par Robin des Bois.

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