Batman : Gargoyle of Gotham de Rafael Grampá confronte un jeune Bruce Wayne à un tueur sanguinaire, à un culte meurtrier et à sa propre psyché tourmentée.

Qu’est ce que Batman Gargoyle of Gotham ?
Certains apprécient le Batman d’Adam West, d’autres préfèrent le kitsch du costume imaginé par Joel Schumacher. Et puis il y a ceux qui, comme le chante Leonard Cohen, « veulent que ce soit plus sombre ». Si vous faites partie de cette dernière catégorie, difficile de trouver plus noir que Gargoyle of Gotham.
Le Bruce Wayne de Gargoyle n’est pas le milliardaire séducteur et aguerri, capable de naviguer dans les cercles mondains de Gotham avec autant d’aisance que sur les toits de la ville. Ici, Bruce est plus jeune. Malgré son physique avantageux et sa musculature imposante, il se soucie peu de ce qui se passe en dehors de sa grotte, où il rumine, et de sa lutte contre le crime. Impulsif, il se montre aussi particulièrement désagréable, même avec Alfred. Il combat sans relâche les antagonistes sadiques de cette Gotham plus sombre, des individus qui se nourrissent de violence et de chaos, des traits qui, il n’en est pas tout à fait certain, ne sont peut-être pas si éloignés des siens.
Le collier de perles de Martha Wayne fait bien sûr son habituelle apparition tragique, mais Gargoyle propose une variation bouleversante sur les raisons qui ont poussé Bruce à revêtir le masque, ainsi que sur le dilemme auquel il est confronté lorsqu’il s’interroge sur la frontière entre l’homme et le monstre. Lorsque nous le découvrons, l’homme ne l’intéresse déjà plus. Au grand désarroi d’Alfred, Bruce envisage même de simuler sa propre mort pour endosser définitivement son identité de Batman.

Mais avant cela, il doit régler cette histoire de tueur en série.
Il peut compter sur des alliés, même s’il rechigne à l’admettre. Jim Gordon continue de traquer la corruption, mais il est devenu pathétique, isolé et en quête de rédemption, quitte à prendre des risques inconsidérés. De jeunes progressistes, qui luttent contre les inégalités de classe profondément enracinées à Gotham, s’insurgent eux aussi contre le système, avec des méthodes parfois efficaces.
Ensemble, ils remontent la piste d’un cycle de violence qui couve depuis des années et s’apprête à prendre une forme indicible.
Qui est l’artiste ?
L’artiste, auteur et cinéaste brésilien Rafael Grampá assure à la fois le scénario et le dessin. Vous le connaissez peut-être pour 5, une anthologie coécrite qui a remporté un prix Eisner, ou pour ses nombreuses couvertures. Il a également illustré The Dark Knight Returns: The Golden Child de Frank Miller. Il est accompagné de Matheus Lopes à la couleur et de John Workman au lettrage (en VO).
Le dessin de Grampá apporte un regard neuf sur une Gotham souvent sinistre. Plutôt que de s’appuyer sur la galerie habituelle d’ennemis de Batman, il imagine une distribution inventive de vilains dont le design constitue l’un des points forts de la série.
Crytoon, notamment, est un personnage particulièrement singulier. Ce vilain s’inspire d’un personnage de dessin animé burlesque, pensez Tom et Jerry, mais il est entièrement vêtu de noir et pleure en permanence. Ses actes de violence, presque cartoonesques, pourraient prêter à rire : à un moment, il frappe Batman avec une enclume. Pourtant, ils sont franchement terrifiants.

Un autre antagoniste est recouvert de papillons de nuit, tandis que l’intrigue de Jim Gordon l’amène à suivre une femme qui lui apparaît dans des visions spirituelles. À chaque fois, le résultat est saisissant sur la page.
Ces scènes cauchemardesques s’accordent parfaitement avec des répliques comme celle que Batman adresse à un vilain qu’il vient de sauver : « Tu restes avec moi en enfer. » On vous avait prévenus : c’est sombre !
Pourquoi lire ce récit complet ?
- Un costume aussi original que fonctionnel. L’une des illustrations les plus intéressantes de R. Grampá découle d’une nécessité narrative : Batman passe la majeure partie de son temps dans une armure très sophistiquée, même pour lui, qui lui permet d’agir avec imprudence et impulsivité. Mais lorsque son équipement est endommagé, ses alliés lui confectionnent un nouveau costume à partir de matériaux de récupération. Des clous en dépassent, mais le résultat est redoutable, et Batman parvient à en tirer le meilleur parti.
- Une nouvelle approche des ennemis de Batman. Comme mentionné précédemment, la plupart des adversaires habituels du Chevalier noir sont absents. On peut toutefois entrevoir les origines de certains d’entre eux, ouvrant ainsi la voie à de futurs récits dans cet univers.
- Un Bruce Wayne plus complexe. Ceux qui s’agacent parfois de voir Bruce s’obstiner à ne jamais tuer les criminels pourraient apprécier une histoire qui présente sa « bonté » comme une forme de rédemption. C’est une valeur à laquelle il doit s’accrocher pour parvenir à faire la paix avec son passé. Il est parfois difficile de l’apprécier, et Alfred mérite une médaille pour ne pas lui avoir déjà donné une bonne baffe.
- Une réinvention qui sort du lot. Batman est une icône de la pop culture réinterprétée d’innombrables fois au fil des années. Si vous ne vous lassez jamais de découvrir de nouvelles versions du personnage, celle-ci se démarque nettement de celles que vous connaissez déjà, même si vous pensiez qu’il était impossible de faire plus torturé que le Batman de Robert Pattinson.

Ce qui nous a captivé !
Batman: Gargoyle of Gotham se lit rapidement et se termine sur une note porteuse d’espoir, mais se débarrasse du charme lumineux que l’on retrouve dans les productions de super-héros modernes.
C’est une œuvre brutale, âpre et poisseuse, qui évoque davantage Seven que Superman. Si vous avez apprécié la violence et la noirceur torturée de la série Pingouin, mais que vous avez envie de quelque chose d’un peu plus surréaliste, alors Batman : Gargoyle of Gotham devrait vous plaire. Vous y trouverez votre compte… dans une Gotham où le sang coule à flots.

Batman – Gargoyle of Gotham
Dans une Gotham City où chaque jour est plus sinistre que le précédent, Batman prend une décision radicale : abandonner définitivement l’identité de Bruce Wayne pour endosser le masque à plein temps. Mais lorsqu’une toute nouvelle galerie de vilains dépravés commence à émerger des profondeurs de la ville, le Chevalier Noir devra affronter la nature même du mal – y compris celui qui se cache dans les recoins les plus sombres de son propre coeur – pour faire face à ce qui menace sa ville.

Batman – Gargoyle of Gotham – Momie édition
Dans une Gotham City où chaque jour est plus sinistre que le précédent, Batman prend une décision radicale : abandonner définitivement l’identité de Bruce Wayne pour endosser le masque à plein temps. Mais lorsqu’une toute nouvelle galerie de vilains dépravés commence à émerger des profondeurs de la ville, le Chevalier Noir devra affronter la nature même du mal – y compris celui qui se cache dans les recoins les plus sombres de son propre coeur – pour faire face à ce qui menace sa ville.

Batman – Gargoyle of Gotham – N&B – Le 23 octobre en librairie
Dans une Gotham City où chaque jour est plus sinistre que le précédent, Batman prend une décision radicale : abandonner définitivement l’identité de Bruce Wayne pour endosser le masque à plein temps. Mais lorsqu’une toute nouvelle galerie de vilains dépravés commence à émerger des profondeurs de la ville, le Chevalier Noir devra affronter la nature même du mal – y compris celui qui se cache dans les recoins les plus sombres de son propre coeur – pour faire face à ce qui menace sa ville.

