Fidèle majordome toujours prêt à assister son employeur, Bruce Wayne, Alfred Pennyworth est un pilier de l’univers Batman. Considéré comme un mentor et un aide de camp, Alfred agit auprès de Batman comme la voix de la raison, une sorte de Jiminy Cricket qui utilise sarcasme et ironie pour tempérer les élans du justicier. Sa présence permet à l’univers du héros de conserver une dimension humaine évidente, ainsi qu’une bonne dose d’humour.

Pour le grand public, Alfred est le majordome de Bruce Wayne, l’alter ego de Batman. Au courant de la double identité deson employeur, il l’assiste danssa guerre sans relâche contre lacriminalité, préparant les collations, fourbissant les armes, soignant lesblessures, et parfois partageant sonanalyse des indices et des preuves que rassemble le détective masqué. Alfred agit en tant que majordome,mais également en tant quetechnicien, infirmier et conseillerprivé.

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Même sous couvert d’ironie, Alfred ne se prive jamais de dire à
Batman ce qu’il pense. Extrait de Batman : The Dark Knight #1,
dans Batman : La Nouvelle Aube (dessin de David FINCH).

Premiers pashumoristiques

Alfred Pennyworth fait son apparition dans Batman #16 (avril-mai 1943), grâce à Jerry ROBINSON et Bob KANE. Son arrivée dans la série est destinée à mettre un peu d’humour au milieu des enquêtes parfois tendues de Batman et Robin. Dans cet épisode, le majordome, fraîchement débarqué d’Angleterre, parvient à arrêter un gang et sauver les deux justiciers. C’est également par le plus grand des hasards qu’il découvre leur identité secrète.

Bruce Wayne et Dick Grayson, qui n’avaient pourtant pas besoin d’un majordome, sont bien contents de s’assurer les services d’un aide enthousiaste et compétent. Personnage comique, Alfred a droit à une série d’aventures publiées dans Batman dans les années 1940, au cours desquelles il résout des énigmes policières, souvent par maladresse. Les premiers temps, Alfred est appelé Beagle, puis il devient rapidement Pennyworth, le nom «Beagle» était attribué à la version d’Alfred qui vit sur Terre-2. De même, son passé reste flou, quoique bien rempli : on apprend, au fil des ans, que son père, également majordome, se prénomme Jarvis, qu’il a été acteur et qu’il a travaillé dans les services secrets. Il a même eu une idylle avec Mademoiselle Marie, héroïne de la Résistance française dans l’univers DC. Dans Detective Comics #328 (juin 1964), Alfred est écrasé sous un rocher. Apparemment mort, il revient dans la série sous l’identité de l’Outsider, un ennemi de Batman qui frappe à plusieurs reprises. Dans Detective Comics #356  (octobre 1966), le scénariste Gardner FOX nous apprend que le docteur Brandon Cranwford a tenté de ranimer Alfred, mais que cette «résurrection» a mal tourné, éveillant dans l’esprit du majordome des instincts meurtriers. Exposé une nouvelle fois à la machine du savant, Alfred revient définitivement à la vie, en ayant oublié tout ce qu’il avait vécu sous l’identité de l’Outsider.

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Alfred maîtrise parfaitement les outils informatiques de pointe
de la Batcave. Extrait de Batman : The Dark Knight #1, dans
Batman : La Nouvelle Aube (dessin de David FINCH).

Fidèle au poste

Il reprend alors son travail au service de Bruce Wayne, l’accompagnant même dans sa garçonnière de Gotham City quand Bruce décide de s’éloigner du manoir familial, dans les années est au service de la famille Wayne depuis longtemps, et qu’il a assisté à la naissance du petit Bruce. Désormais, en plus d’être une présence rassurante, Alfred est également le souvenir vivant des parents de Bruce Wayne.

Dès lors, l’expérience militaire ou théâtrale d’Alfred est quelque peu oubliée, même si Neil GAIMAN fait référence à son passé d’acteur dans les deux épisodes de «Whatever Happened to the Caped Crusader ?» (Batman #686 et Detective Comics #853, 2009). De même, à plusieurs reprises, les scénaristes se rappellent du passé militaire d’Alfred et le montrent à l’aise avec des armes de tout calibre. Alfred est au centre de Legends of Dark Knight #31 (juin 1992), par James HUDNALL et Brent ANDERSON : enlevé par El Vato et son gang, Alfred est secouru par Batman. Les deux hommes échappent à leurs poursuivants en s’aidant l’un l’autre, et Alfred y fait montre d’une grande ressource.

Inévitable

Alfred fait partie de presque toutes les versions de Batman. Ainsi apparaît-il dans le serial Batman de 1943, puis dans celui de 1949, Batman and Robin, où l’acteur Eric WILTON en fait un personnage débordé par la préservation du secret de son employeur. C’est Alan NAPIER qui lui prête ses traits dans la série télévisée de 1966, où le personnage est flanqué de la Tante Harriett. Plus rusé que Batman et Robin, Alfred fait le coup de poing au début de la troisième saison et découvre l’identité secrète de Batgirl, qui demeure un mystère pour Adam WEST et Burt WARD !

Paul DINI et Bruce TIMM inventent l’une des meilleures versions d’Alfred pour la série animée de 1992, où le majordome fait preuve d’une ironie sans faille, mais également d’un grand courage et d’une humanité débordante. Un rôle parfait pour Michael CAINE dans la trilogie cinématographique de Christopher NOLAN. C’est ce modèle d’ancien homme d’action devenu conseiller de justicier qui influence encore les comic books d’aujourd’hui. Ainsi, ce savant dosage de psychologie, d’écoute et de cynisme se retrouve dans la version que Peter TOMASI et Patrick GLEASON donnent d’Alfred dans Batman & Robin. Père de substitution pour Bruce Wayne, il agit également comme une figure paternelle auprès de Damian.

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