Réputé pour être le plus grand détective du monde, Batman entretient un secret que peu de gens sont parvenus à éventer depuis le début de sa carrière : celui de sa véritable identité. Il est donc étonnant qu’un adversaire soit capable de la découvrir. Et que dire si cet ennemi parvient à s’immiscer dans l’indétectable Batcave. C’est pourtant le double exploit que réalise Ra’s al Ghul.

À la fin des années 1960, les mensuels consacrés aux aventures de Batman s’orientent de plus en plus vers une tonalité sombre, proche des romans policiers dont le héros s’inspire. Grâce à l’énergie du responsable éditorial Julius SCHWARTZ, le héros de Gotham enquête sur des crimes de toutes sortes, renouant avec sa fondation de détective. Dans cette atmosphère, il est bientôt confronté à la Ligue des Assassins.

La Ligue

La présentation de Ra’s al Ghul a été progressive, et orchestrée par un seul scénariste, Denny O’NEIL. Ce dernier fait une première référence à la Ligue des Assassins dans Strange Adventures #215, daté de novembre 1968. La série raconte les aventures de Deadman, un ancien trapéziste abattu par un tireur. Dans cet épisode illustré par Neal ADAMS, on apprend que le tueur appartient à la Ligue des Assassins, un groupe apparemment informel et agissant à l’échelle du globe. Au fil des ans, alors que la Ligue s’impose en ennemi de Batman et de nombreux autres justiciers, les récits apportent des détails quant à l’identité des différents membres de cette organisation. Le Crochet, assassin poursuivi par Deadman, n’est pas le seul, puisque l’on peut également dénombrer l’empoisonneuse Cheshire, l’archer Merlyn, le mercenaire Deathstroke  ou encore David Cain et Lady Shiva, les parents d’Orphan. Société occulte aux ramifications tentaculaires, la Ligue des Assassins semble obéir à un code aussi impitoyable qu’inflexible, et constituer une menace dont Batman met un certain temps à prendre la mesure.

La fille

En effet, le Chevalier Noir n’est confronté directement à la Ligue des Assassins que dans les pages de Detective Comics #411, daté de mai 1971. Dans cet épisode écrit par Denny O’NEIL et dessiné par Bob BROWN, le héros affronte la Ligue et son représentant, le Docteur Darrk. Il sauve à cette occasion la vie d’une jeune femme, Talia, dont il ne connaîtra l’identité que plus tard. En réalité, il s’agit de Talia al Ghul, la propre fille du chef de la Ligue, dont le nom est mentionné mais dont l’apparence demeure alors un mystère. Batman n’est pas insensible aux charmes de la demoiselle, et tous deux noueront par la suite une relation amoureuse, régulièrement perturbée par les projets du père de la jeune femme. Parfois alliée et parfois ennemie du héros, Talia s’émancipe peu à peu de la tutelle paternelle, devenant la directrice de Lexcorp quand Luthor s’installe à la Maison-Blanche, puis reprenant la tête de la Ligue des Assassins. À l’insu de Batman, elle donnera naissance à un fils, Damian, qui sera élevé selon les règles de la Ligue des Assassins. Confié à son père, l’enfant apprendra le code d’honneur du héros et choisira de rester avec lui et d’affronter les troupes dirigées par Talia (à lire dans Grant Morrison présente Batman, quatre tomes dans la collection « DC Signatures »).

Le Maître

Quant à Ra’s al Ghul, il fait son apparition officielle dans Batman #232, illustré par Neal ADAMS et daté de juin 1971, soit un mois après sa fille. D’emblée, il impressionne le justicier, car non seulement il a découvert l’identité secrète du Chevalier Noir, mais en plus il a trouvé le moyen de s’introduire dans la Batcave. L’individu, accompagné de son garde du corps Ubu, demande à Batman de l’aider à retrouver sa fille Talia ainsi que Robin, tous deux enlevés (à lire dans DC Comics Anthologie). En réalité, il s’agit d’une épreuve destinée à déterminer si le héros est digne de reprendre la direction de la Ligue des Assassins. Bien entendu, le justicier refuse, installant une tension irréversible entre les deux hommes. Au fil des ans, les projets de Ra’s al Ghul prennent forme. Estimant que l’humanité met en danger les écosystèmes, le mégalomane n’hésite pas à lâcher des virus mortels sur Terre afin de provoquer des pandémies catastrophiques. Ses ambitions sont telles qu’il faut parfois l’intervention de la Ligue de Justice afin de le contrer. L’envergure des projets du comploteur est sans doute liée à son état mental. En effet, Ra’s al Ghul prolonge sa vie en recourant aux eaux régénérantes des Puits de Lazare, mais plonger dans ces sources bouillonnantes altère la personnalité. Ra’s utilise également certaines formes de magie afin de perdurer, voire de vaincre la mort. Il a même songé, pendant un temps, à utiliser le corps de son petit-fils Damian comme réceptacle. La légende rapporte que Ra’s al Ghul est vieux de plusieurs siècles, sinon plus. Une telle longévité a forgé le caractère de cet individu, qui a appris à bâtir des plans dont les fruits ne seront cueillis que bien plus tard. Le réseau d’influence que constitue sa Ligue des Assassins et ses moyens illimités font de lui le plus grand ennemi de Batman.

Découvrir Ra’s Al Ghul

saga-de-ra-rsquo-s-al-ghul-la

Ra’s al Ghul, la Tête du démon, est le leader d’une organisation internationale du crime.

Avec sa fille, Talia, il a affronté Batman de nombreuses fois et leurs liens se sont resserrés au fil du temps. Mais quels sont les secrets des origines de ce génie du crime à l’ambition démesurée ? (contient : Batman – Birth of the Demon TPB: Son Of The Demon, Bride Of The Demon & Birth Of The Demon)

Découvrir

resurrection-de-ra-rsquo-s-al-ghul-la

Le temps a enfin rattrapé le génie criminel immortel Ra’s al Ghul.

Proche de la fin, il ne lui reste plus qu’une issue, et celle-ci implique son petit-fils, Damian Wayne ! Mais ce dernier ne l’entend pas de cette oreille et fuit la Ligue des Assassins, pour retourner à Gotham City, fief de son père, le Batman. Ce dernier rassemblera Nightwing, Robin et Talia al Ghul pour l’épauler contre ce malfaiteur dément.

Découvrir

 

Plus d'articles