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Je m’appelle Jack, et je suis le plus grand Fable de tous les temps. Enfin, pour être honnête, je suis le plus grand personnage de fiction de tous les temps, à la possible exception de celui qu’incarne John WAYNE dans La Prisonnière du désert et qui, de toute façon, s’inspire de moi.


Si vous vous procurez cette édition Deluxe de mes aventures, il y a fort à parier que vous possédiez déjà les volumes brochés. Ce qui me porte à croire que vous êtes de grands naïfs, dotés de plus de thune que de bon sens.
Donc, pour vous éviter de prendre des vessies pour des lanternes, je préfère vous prévenir d’emblée. Cet album ( Jack of Fables tome 1) , c’est du grand n’importe quoi.

Tout avait bien commencé, pourtant. Un jour, deux écrivaillons s’étaient débrouillés pour me faire quitter la série FABLES – dont j’étais déjà clairement le personnage principal – afin de m’élever au rang de héros de ma propre série, avec mon nom sur la couverture. J’allais enfin être reconnu à ma juste valeur. Ou du moins, le croyais-je.
Comme vous l’avez sans doute déjà découvert dans les éditions précédentes, c’est purement et simplement du sabotage. Ces gratte-papier ont repris tous les chapitres de mon passé où je suis incroyablement génial, héroïque, et surtout incroyablement sexy, et ils les ont habilement revisités de façon à me faire passer pour un abruti ! Moi ! Jack Horner ! Ils ont réussi à me dépeindre comme un bouffon toujours doté d’une magnifique chevelure, mais entièrement gouverné par ses pulsions ! Pourquoi, pensez-vous ? Qui aurait l’idée de me faire ça ? Qui oserait ?
Et pourquoi une aussi prestigieuse maison que la Warner Brothers – à l’origine de chefs-d’oeuvre comme Le Grand sommeil et The Incredible Mr. Limpet – a-t-elle autorisé la production d’une pareille infamie ? Dans différents formats, en plus ?
La réponse est à la fois simple et abominable, mes chers amis. Les protagonistes de cette affaire savent de quoi je suis capable, et ils tentent de me laminer. Ils ont assisté à mon audacieuse évasion d’une prison de Fableville dirigée par une caricature de James MASON. Ils m’ont vu conquérir Las Vegas et traiter comme elle le mérite cette chienne de Lady Chance. Ils m’ont regardé ne faire qu’une bouchée de cet imposteur à deux balles, John Sans-Coeur, dans le Grand Canyon. (Et au passage, je précise que dans n’importe quelle situation, je repère la meuf la plus sexy du coin et je me la tape tandis que les balles fusent autour de nous.) La plupart des gens assistant à de tels spectacles pleureraient de joie. Mais pas les pontes de la Warner. Eux, ils ne supportent pas ça.
Il faut qu’ils coupent les têtes qui dépassent du lot pour se rassurer sur leur virilité. Alors, ils s’acoquinent avec deux scribouillards et concoctent un plan pour me détruire. Pour parfaire leur complot, ils engagent des artistes surdoués – surtout Tony ATKINS (je suis tellement séduisant sous son crayon qu’il est le meilleur, à mon avis), mais aussi Steve LEIALOHA (il me donne l’air d’un ado débile, mais il dessine si bien les bombasses et les chiennes qu’il est aussi le meilleur pour moi), sans oublier Andrew ROBINSON (non seulement, il a du talent, mais en plus, je suis sûr que c’est lui qui joue l’assassin de Scorpion dans L’Inspecteur Harry et, du coup, il est aussi le meilleur à mes yeux). Et je ne parle pas des couvertures trop sexy de James JEAN, un mec très coté dans le milieu artistique. Mais quand James comprend où ils veulent en venir, il va voir ailleurs, et ces sournois le remplacent par Brian BOLLAND, une légende incontournable dans l’univers du comic book.
Et quand je pense que pour l’encrage, ils engagent Andrew PEPOY. (PEPOY ! Tout le monde sait qu’il encre comme un routier sous acide.) Puis ils confient la mise en couleur à Danny VOZZO, car ils savent que les jeunes ne liront pas un album en noir et blanc. Oui, vous avez bien lu. Ils veulent conquérir le jeune public.

Ça craint, non ?

Mais ne me croyez pas sur parole. Lisez et jugez par vous-mêmes. Sur toutes les pages ou presque, les images sont dénaturées pour me donner l’air d’un abruti – si tant est que l’on puisse prendre pour moi cette caricature vaniteuse qui brasse de l’air avec la dignité d’un inspecteur Gadget shooté au sirop contre la toux. Ne vous méprenez pas, ceci dit. Les dommages que l’on peut m’infliger ont des limites. Dans toutes ces histoires,  je gagne la partie, et avec panache, en plus. Les plus fins connaisseurs ont même affirmé que mes cheveux garantiraient à eux seuls le succès d’une série régulière, et franchement, je les crois.

Donc lisez cet album, mais en exerçant votre sens critique. Chaque fois que je fais un truc débile et que j’ai l’air d’un blaireau, vous pouvez remercier WILLINGHAM et STURGES. Mais quand vous vous dites, “La vache, ce mec est trop génial/sexy !”, c’est mon vrai moi. Et lorsque vous aurez terminé votre lecture et constaté à quel point ces ordures de la Warner Brothers ont tenté de me calomnier, allez leur dire en face. Oui, vous avez bien lu, manifestez-vous. Déposez un sac de purin devant leur porte et enflammez-le. Appelez-les pour leur demander si leur frigo marche bien – leur numéro est le 818-954-3000, à Burbank.
Non, tout bien réfléchi, ne faites pas ça, car leurs avocats vous écraseraient sous la semelle de leurs mocassins en cuir de veau. Et dans tous les cas de figure, ne volez pas cet ouvrage pour les entuber. Même si vous possédez déjà ces épisodes dans un autre format, rachetez-les. Et je ne dis pas ça parce que je touche ma part de royalties, ce qui est vrai, mais parce que… à vous de trouver une raison. Il y en a plein. Genre, “voler, c’est pas bien”. Et voilà ! J’ai réussi à écrire cette intro sans lâcher de spoilers, ce qui les agace au plus haut point. Un job parfaitement exécuté, comme toujours.

LE FANTÔME DE JACK HORNER, MORT DANS L’ÉPISODE FINAL
2016

P.S. : Si jamais vous m’imaginez avec un drap ridicule sur la tête et une chaîne au pied, je vous rassure ! Je suis le fantôme le plus sexy de l’au-delà et toutes les fantômettes me courent après. Même désincarné, je reste au top, comme toujours.

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Des années durant, Jack Horner a été l’un des Fables les plus populaires du pays, utilisant sa propre légende pour s’en mettre plein les poches et mener grand train à Hollywood.

Mais ça, c’était avant. Depuis, Jack a dilapidé toute sa fortune, a été banni de Fableville et ère sur les routes comme un vagabond… Jusqu’au jour de son kidnapping. Retenu prisonnier dans une sorte de goulag duquel personne n’a jamais réussi à s’échapper, Jack ne se laisse pas abattre pour autant. Après tout, il a escaladé une tige de haricot magique plus d’une fois et a tué de nombreux géants. Pour lui, rien n’est impossible !

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