La mafia n’est plus seulement ce n’est plus uniquement un groupe criminel : c’est devenu un réel sujet pop-culture, une sorte de fantasme collectif. De Peaky Blinders aux Soprano, en passant par Tokyo Revengers et Deadly Class, les organisations criminelles sont partout, réinventées et surtout romantisées. Et si cette fascination reste plutôt récente, plongeons dans ses origines et les œuvres emblématiques qui la composent !

D’où vient la mafia dans la fiction ?

Les représentations de la mafia apparaissent au début du XXᵉ siècle, quand les journaux américains commencent à couvrir les activités de la Cosa Nostra (mafia sicilienne). Hollywood s’en empare très vite avec des oeuvres comme :

  • Scarface (1932)
  • Le Parrain (1972)
  • Les Affranchis (1990)

Depuis, la mafia est devenue un archétype narratif : hiérarchie, codes, famille, violence. Un terrain parfait pour raconter des sujets comme le pouvoir, la loyauté ou encore la trahison.

La mafia & la pop-culture

La mafia est très présente dans nos imaginaires : séries, mangas, comics… elle s’infiltre dans les différents médium de notre pop‑culture. De Peaky Blinders aux Soprano, les organisations criminelles sont devenues des icônes.

Peaky Blinders

La série de Steven Knight transforme un gang de Birmingham en icônes de mode. Thomas Shelby incarne une sorte de gangster romantisé, hanté par la guerre et surtout obsédé par le contrôle.

Les Soprano

Ici, la mafia devient un miroir des Etat-Unis. Tony Soprano n’est pas un héros : c’est un homme violent et brisé.
La série déconstruit le fantasme du mafieux en le ramenant à quelques de plus réel et horrible dans la violence.

Tokyo Revengers

Le manga s’empare lui aussi des codes de la mafia japonaise en explorant différents gangs de Yakuzas dans un cadre plus jeune avec des ados. Le gang devient un moyen d’appartenir à un groupe, de devenir quelqu’un et de peut-être se faire remarquer.

Deadly Class : l’œuvre qui dépeint la violence des gangs.

Le comics de Rick Remender et Wes Craig, Deadly Class, pousse l’idée encore plus loin : Et si toutes les mafias du monde envoyaient leurs enfants dans la même école ?

Kings Dominion est un condensé de tout ces groupes criminels et on va s’y intéresser d’un peu plus près… (sans spoiler !)

  • Saya Kuroki – L’héritière Yakuza

Saya vient d’un clan yakuza puissant. Descendante de samouraïs, Saya Kuroki est la fille d’un puissant chef de syndicat yakuza à Tokyo. Son père, déterminé à l’éloigner de son héritage criminel, l’envoie dans une école où elle monte rapidement un petit réseau de jeux d’argent clandestins.

  • Maria Salazar – La princesse du cartel

Maria, elle, appartient à une famille issue d’un cartel mexicain, les Soto Vatos aux côtés de son petit ami, Chico. Mais cette relation toxique cache un passé tragique entre Maria et le père de Chico, le baron de la drogue El Alma Diablo. Plus tard, Maria et Chico intègrent Kings Dominion.

  • Willie Lewis – L’héritier d’un gang afro-américain

Willie est le leader du F.W.O., le Final World Order. Le gang de South Central Los Angeles considère son père comme l’un des « OG les plus respectés de tous les temps ». Willie devient aussi le premier ami de Marcus, le taquinant sur ses goûts musicaux, il lui reproche d’écouter du rock indé comme The Smiths et lui conseille plutôt du hip‑hop : Eric B., Rakim, Public Enemy ou encore LL Cool J.

  • Les suprémacistes blancs & néo-nazis – Le cauchemar américain

Brandy est présentée comme une néo‑nazie et une Southern belle, et elle menace Marcus presque dès leur première rencontre.  Brandy est basée sur des personnes que l’auteur a pu rencontrer à l’époque où il écrivait la série, des gens vraiment laids intérieurement, coincés dans une vision du monde étriquée et xénophobe parce qu’ils vivaient dans le vide.

  • Les soviétiques – La violence historique

Viktor est l’un des élèves les plus redoutés de Kings Dominion : élevé dans une culture de violence et d’exigence extrême, il s’est forgé une réputation de brute qui méprise les plus faibles, surtout les RATs. Derrière son attitude agressive, il traîne pourtant un passé familial qui a façonné sa vision horrible du monde et des relations. Ses relations avec Petra et Brandy révèlent un personnage plus complexe qu’il n’y paraît, partagé entre loyauté, besoin de reconnaissance et contradictions.

  • Le culte gothique  – La dérive des fanatiques extrêmes

Un groupe qui mélange esthétique goth, croyances occultes et violence rituelle. On es retrouve dans l’histoire du personnage de Petra. La jeune femme possède un véritable talent pour créer des poisons redoutables et adopte un look gothique typique des années 80 : résilles, maquillage sombre et cheveux noirs. Ses parents, d’abord fervents chrétiens, sombrent peu à peu dans une secte mortifère, délaissant totalement leur rôle de parents tandis que leur fille doit survivre seule au milieu de rituels violents et d’abus.

  • Les RATs – Les exclus

Ce sont les élèves pauvres, sans héritage criminel comme Marcus. Marcus, le personnage principal de Deadly Class, subit une perte inimaginable lorsqu’il est enfant : une femme souffrant de troubles mentaux saute du Golden Gate Bridge et s’écrase sur ses parents, les tuant sur le coup. L’État de Californie envoie alors le jeune orphelin au Sunset Boy’s Home, une pseudo‑maison pour garçons qui fonctionne en réalité comme un atelier clandestin. Devenu sans-abri, Marcus survit dans les rues de San Francisco jusqu’à ce que Maria, Saya, Willie et Kendal le sauvent lors d’une descente de police. Le directeur de Kings Dominion, Master Lin, lui propose alors d’intégrer l’école gratuitement.

Mais il n’est pas le seul représentant de sa catégorie. Billy est un RAT, tout comme Marcus : ils n’appartiennent à aucune faction prestigieuse et ne viennent pas d’un milieu criminel reconnu, ce qui leur vaut cette étiquette méprisante. Fils d’un contrebandier, Billy porte déjà le poids d’un héritage compliqué.

Deadly Class, avec son mélange de punk, de trauma et de politique, offre une représentation complète de ses différents gangs et groupuscules criminels, de leurs idées et de leurs mentalités, tout en assumant une certaine romantisation de certains personnages. Une histoire qui percute, qui vous entraîne sur une route lancée à 200 km/h et ne vous lâche plus.


Deadly Class intégrale Tome 1
1987, San Francisco. Marcus Lopez, fils d’immigrés nicaraguayens et SDF depuis plusieurs années, peine à trouver un sens à sa vie. Alors qu’il pense sérieusement à mettre fin de ses jours, il fait la rencontre de Saya, une mystérieuse jeune fille qui va lui ouvrir les portes de l’Académie Kings Dominion des Arts Létaux. Il découvre l’existence d’une école où l’on enseigne aux héritiers de l’élite financière à ériger le meurtre au rang d’art. Marcus a désormais un but dans la vie, il va tuer celui qu’il considère responsable de la mort de ses parents : Ronald Reagan.
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