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Je suis né et j’ai grandi à Essex Junction, dans le Vermont, à un mile à vol d’oiseau de Fort Ethan Allen. Pour aller à Hiawatha, mon école, je passais par des rues qui s’appelaient Cascadnac, Wenonah, Owaissa, et Abenaki. Je ne crois pas que ce soit encore le cas aujourd’hui, mais on étudiait l’histoire locale très en profondeur. Comme nous étions à moins d’une heure de la frontière, la période coloniale du Canada était aussi au programme.

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On nous emmenait en sortie scolaire à Fort Ticonderoga et à Mount Independence. En cours de musique, nous chantions les classiques du folklore américain. Avec mes amis, nous parcourions les bois à la recherche de pointes de flèches et de balles de mousquet. C’était comme vivre en plein cœur d’un livre d’Histoire, mais c’est le genre de chose qu’on n’apprécie que plus tard dans la vie, en général après être parti. C’est au cours d’une discussion avec un ami, il y a quelques années, que j’ai eu l’idée d’écrire là-dessus. On se disait qu’il fallait réécrire l’histoire des pères fondateurs, pour les représenter non plus comme de vieux hommes d’État, mais comme des jeunes loups impétueux, avec leurs failles et leurs défauts. L’idée me plaisait, mais j’étais moins intéressé par George Washington, John Quincy Adam et Benjamin Franklin que par Ethan Allen, Seth Warner et les Green Mountain Boys, les héros du Vermont.
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Dès que je suis tombé sur l’expression « première milice américaine », j’ai su que je tenais ma série. J’ai déjà écrit des fictions historiques par le passé, des histoires de vie sauvage, de coups durs, pleines de violence et de tragédie, et j’ai toujours cherché à les relier à la vie moderne, pour qu’elles parlent au lecteur. Ça a été un peu plus compliqué avec NORTHLANDERS, mon récit sur les Vikings, mais quand on écrit sur la révolution américaine, les parallèles sautent aux yeux, comme des évidences. À chaque saison électorale, c’est un écueil : on entend cette histoire répétée en boucle, encore et encore, tous les jours. Et il suffit d’entrer chez un libraire et de jeter un œil aux nouveautés pour se persuader que ce sujet est toujours dans l’air du temps.

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Dans les jeux vidéo Assassin’s Creed, vous pouvez entrer au cœur des plus grandes batailles de cette guerre. Et l’énorme succès de la comédie musicale de Broadway Hamilton prouve que le public y est toujours aussi réceptif. Je voulais m’éloigner des personnages et des événements déjà trop connus pour me focaliser sur un gamin du Vermont en train de jouer dans les bois. Dans les premières pages de REBELS, on se met à la place du jeune Seth Abbott qui joue avec sa sœur, lit avec sa mère, nage dans les gorges et fait ses tâches ménagères, et considère son père avec un mélange d’admiration et de crainte. C’est, dans les grandes lignes, mon histoire, et toute la série est traversée d’épisodes de la vie quotidienne dans les campagnes de la Nouvelle-Angleterre, même s’il s’agit des années 1770 et non de mes années 1970. REBELS raconte aussi la guerre, de la première étincelle révolutionnaire jusqu’à Bunker Hill et Dorchester Heights. Il y a aussi des histoires courtes qui se déroulent à la même époque, sur les Indiens d’Amérique, le point de vue d’un Tunique Rouge, la vie citadine à cette période, et une bouleversante réécriture de la légende de Molly Pitcher. Mes précédentes séries étaient empreintes de critique sociale, et j’ai eu tendance à ne pas être tendre avec la politique américaine. J’ai donc eu ici d’autant plus de plaisir à montrer cette autre facette des États-Unis : la naissance d’une nouvelle nation au milieu du brasier, et les espoirs, l’impatience et l’enthousiasme que sa proclamation a suscités. Je n’ai pas peur de me dire patriote, et je le suis devenu sur les bancs de la bibliothèque de l’école Hiawatha, en découvrant les Green Mountain Boys.

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Découvrir Rebels
1775. La Guerre d’Indépendance éclate entre les treize colonies d’Amérique du Nord et le Royaume de Grande-Bretagne. Parmi les insurgés, le jeune Seth Abbott quitte alors femme et foyer pour mener le plus grand combat de sa vie : celui pour la liberté. Un rêve, mais à quel prix ? 
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