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Au milieu des héros à costume coloré et à pouvoirs tonitruants, un personnage se distingue par son allure vestimentaire et son comportement pour le moins anticonformiste. Magicien, John Constantine fréquente les surhommes avec réticence depuis bientôt trente ans, et fait un retour remarqué parmi les justiciers, dans les pages de Justice League Dark.

John Constantine fait sa première apparition dans Swamp Thing #37, en juin 1985. La série, écrite par Alan MOORE, redéfinit de fond en comble la Créature des Marais, qui découvre à l’époque qu’elle n’est pas Alec Holland, mais une plante consciente qui pense être Alec Holland. À la recherche de son identité, le héros rencontre un homme étrange, cynique et grand fumeur, qui semble initié aux aspects les plus occultes de l’univers. Les informations et les conseils prodigués par John Constantine permettront à la Créature d’avancer dans sa quête.

hellblazer

Constantine affronte Felix Faust, un sorcier mineur de l’univers DC, devenu inexplicablement surpuissant. Extrait de Justice League Dark #9, dans DC Saga #13 (dessin de Mikel JANIN).

 

 

Série solo

Le personnage du sorcier britannique s’avère suffisamment populaire pour obtenir sa propre série en 1988, titrée Hellblazer. La série s’intéresse à l’univers urbain britannique du héros. Imaginé à l’origine par MOORE pour satisfaire une exigence de Steve BISSETTE et John TOTLEBEN, les dessinateurs de Swamp Thing, qui désiraient illustrer un personnage qui ressemblerait à Sting, John Constantine est désormais écrit par Jamie DELANO, qui consacre ses épisodes à explorer la magie dans le monde contemporain, mais également à donner à Constantine un passé plus complet. La jeunesse de Constantine, adolescent durant la période punk, constitue l’une  des pistes des débuts de la série. Des personnages secondaires sont ajoutés, amis, famille, relations, et Constantine évolue désormais dans un univers constitué pour l’essentiel d’êtres humains, et non de super-héros. En 1993, le label Vertigo se constitue officiellement, et les séries Swamp Thing ou Hellblazer en constituent certains des piliers les plus solides. John Constantine est alors officiellement séparé de l’univers des super-héros, et vit des aventures dans un quotidien urbain où émerge de temps en temps un démon ou une menace surnaturelle. La série est marquée par la personnalité de nombreux scénaristes britanniques, parmi lesquels Jamie DELANO, Peter MILLIGAN, Neal GAIMAN, Garth ENNIS, Paul JENKINS ou Denise MINA. Mais il faut également signaler les prestations du scénariste croate Darko MACAN (Hellblazer #144-145) ou du scénariste américain Brian AZZARELLO (Hellblazer #146 à 174).

Cynique mais humaniste

Sous ses allures revêches, John Constantine est un humaniste. Il s’attache au développement du potentiel d’autrui et à la réalisation de soi. C’est ainsi qu’il se retrouve, dans les pages de Books  of Magic, série écrite par Neil GAIMAN en 1990-1991. Il y intègre un groupe de justiciers surnaturels surnommé la « Trenchcoat Brigade », et se charge, avec ses pairs, de l’éducation du jeune Tim Hunter, un adolescent appelé à devenir l’un des plus puissants sorciers des prochaines années.

La liberté est pour Constantine un idéal, et il sait la valeur de la vie humaine. Il cherche, autant que faire se peut, à défendre les innocents. Cette attention à autrui est en partie liée aux fantômes qui l’accompagnent. Depuis de longues années, il navigue dans les sphères du surnaturel, et il a vu de nombreux innocents pâtir de la cruauté du monde extérieur ou de certains de ses mauvais choix. C’est sans doute pour cela qu’il vit dans une logique d’auto-destruction, dans la solitude, le tabac et l’alcool. La série Hellblazer, qui a duré trois cents numéros, se déroule en temps réel : John Constantine vieillit au fil des numéros, et accumule à la fois une expérience considérable et des souvenirs qui le hantent, ce qui explique sa volonté d’oublier ce qu’il a vu dans l’alcool.

Mais cela n’empêche pas John Constantine d’être calculateur, manipulateur, tricheur et menteur. Il est réputé pour être un beau parleur dont les propos lénifiants embobinent ceux qui ont le  malheur de l’écouter. Considéré comme un égoïste qui se sert des autres à ses propres fins, il attire la méfiance de ses   partenaires. Les scénaristes de Hellblazer ont d’ailleurs joué sur cet aspect « baratineur » du personnage, laissant même parfois penser que Constantine n’a pas de réel pouvoir magique, mais un charisme et une persuasion tels que tout le monde l’écoute.

Retour dans l’univers DC

Dès 2011, les responsables de DC décident de réintégrer John Constantine au sein de l’univers DC. Dans le cadre de Brightest Day Aftermath : The Search for Swamp Thing, il est officiellement de retour, et fait partie des personnages sélectionnés par Peter MILLIGAN pour composer l’équipe de la « Ligue de Justice des Ténèbres ».  Le même MILLIGAN se retrouve scénariste des derniers numéros de la série Hellblazer et des premiers numéros de Justice League Dark. L’une des différences les plus visibles des deux versions est l’âge du héros : John Constantine estplus jeune dans Justice League Dark. Jeff LEMIRE, l’actuel scénariste de la série, est également l’auteur de la nouvelle série consacrée au personnage. Le titre « Hellblazer » est abandonné au profit du nom du héros, « Constantine », choix qui avait été celui du film de Francis LAWRENCE en 2005. L’accent est mis sur le héros et sur sa capacité à se frotter aux menaces surnaturelles et démoniaques. Le mauvais garçon inventé par Alan MOORE est donc une vedette incontestée du catalogue DC. Source d’inspiration de  bien des personnages (le Jack Hawksmoor d’Authority lui doit beaucoup), il revient aujourd’hui à ses terres d’origine, le monde des super-héros de DC Comics. Nul doute qu’il va s’y imposer et y devenir une figure marquante.

 

 

 

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