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Batman est un super-héros chez qui les influences gothiques sont marquées dès l’origine : de son totem chauve-souris aux gargouilles de Gotham en passant par une galerie d’ennemis aussi effrayants que hauts en couleur, il a souvent développé une esthétique flirtant avec le flm d’horreur…

En témoignent les récits produits par des dessinateurs comme Matt WAGNER, Bernie WRIGHTSON ou Kelley JONES, pour ne citer qu’eux. Cette tradition noire du personnage, dont on peut faire remonter les racines à Friedrich Wilhelm MURNAU , Tod BROWNING , ou encore aux films de la Hammer, s’est mêlée avec d’autres influences très différentes. Impossible de lire le Dark Knight de Frank MILLER sans le rapprocher de l’inspecteur Harry, héros de polar aussi dur qu’acerbe, incarné dix ans plus tôt par Clint EASTWOOD. Batman est une auberge espagnole dans laquelle chaque auteur apporte son bagage. Et plus encore quand l’on a affaire à des interprétations multiples du personnage, sous des labels comme Elseworlds, qui plongent des versions alternatives du héros dans des univers parfois très différents.

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Mike MIGNOLA, scénariste de The Doom that came to Gotham, avait déjà eu l’occasion de fréquenter le personnage. Il avait dessiné le célèbre Gotham by Gaslight opposant l’Homme Chauve-Souris à Jack l’éventreur dans le Gotham de la fin du xixe siècle, puis Sanctum 3 , un court récit à l’ambiance ésotérique préfigurant par certains côtés ce que serait par la suite sa grande création : Hellboy.

Batman avait d’ailleurs par la suite rencontré Hellboy à l’occasion d’un crossover dans lequel l’un des personnages demandait ironiquement si Hellboy connaissait LOVECRAFT. De fait, Howard Phillips LOVECRAFT (1890-1937), mort deux ans avant la naissance de Batman, demeure cette ombre majeure planant au-dessus de tous les auteurs œuvrant dans les domaines du fantastique et de l’horreur.

Ce rôle tutélaire d’H. P. LOVECRAFT, MIGNOLA l’a toujours revendiqué : les monstres aquatiques, aussi indicibles que tentaculaires, font depuis longtemps partie de son bestiaire. Et si MIGNOLA ne partage pas tout à fait la notion lovecraftienne d’un univers immense, écrasant, dans lequel l’homme ne serait qu’une poussière négligeable aux yeux d’entités démesurées et amorales, elle continue d’exister en filigrane des aventures du diable rouge en trench-coat. Dire que l’album que vous tenez entre les mains est largement influencé par LOVECRAFT serait pourtant un contresens. Il est surtout un hommage à l’œuvre du visionnaire de Providence. Les références sont explicites, même lorsqu’elles sont détournées. Le Whateley maire de Gotham ne peut pas être tout à fait le même que le Whateley monstrueux, l’abomination pour laquelle on ajoute des pièces biscornue à la ferme de Dunwich, ni aucun membre de sa famille dégénérée.

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Le Ludwig Prinn qui tente Thomas Wayne et ses compagnons n’est probablement pas l’auteur du De Vermis Mysteriis, à moins que cet ouvrage maudit ne soit en fait qu’une traduction ou un commentaire du Testament de Ghul. Est-il innocent que Ra’s al Ghul lui-même ait connu la même triste fin, sur un marché de Damas, que l’Arabe dément Abdul al-Hazred, auteur lui aussi d’un ouvrage blasphématoire dont la lecture fait vaciller les âmes les plus solidement terre à terre ? Le voile jaune porté par Talia renvoie-t-il à celui des incarnations du terrible Nyarlathotep ? Et cette expédition Cobblepot en Antarctique qui mêle à parts égales les mythologies de Batman et celle de Cthulhu ? Jusqu’au dieu destructeur Iog-Sotha qui renvoie de façon transparente à ce Yog-Sothoth, à la fois la porte et la clé, dont LOVECRAFT avait fait la pierre angulaire de son terrible panthéon.

 

 

 

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Découvrir Batman La malédiction qui s’abattit sur Gotham

Gotham City, les années 1920. Alors qu’un chalutier ramène dans ses cales une découverte archéologique majeure extraite des glaces du Grand Nord, un mal semble se répandre et contaminer lentement la grande métropole et ses habitants. Confronté aux plans du puissant sorcier Ra’s al Ghul, Batman semble être le seul capable à pouvoir empêcher le retour sur Terre d’entités cosmiques belliqueuses.

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