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Super Normal

Des ennemis aux machinations diverses et farfelues, une identité secrète compliquée à protéger, des histoires humaines issues du quotidien… 1947 est la dernière année du « Superman Classique » supervisé par ses créateurs. L’attend au tournant un virage vers la science-fiction et un nouveau regard Sur ses origines extraterrestres.

Au dessin de ces épisodes, on retrouve notamment Ira YARBROUGH, encré par George ROUSSOS, très présent également sur Batman, Stan KAYE, encreur habituel de Wayne BORING, sur le strip de presse Superman, ou Win MORTIMER, qui débute également sur le Chevalier Noir. Son trait était plus fantaisiste et « cartoon » que ses collègues et apportait énormément à la dimension humoristique de cette période. L’autre grand dessinateur de cette période demeure John SIKELA qui, également épaulé par le duo KAYE/ROUSSOS, atteint une véritable maîtrise à tout point de vue : ses scènes d’action sont plus vivantes que jamais, son découpage multiplie les prises de vue aériennes et les décors détaillés, et l’Homme d’Acier, toujours basé sur le modèle de Shuster, gagne en dynamisme.

superman 1947

Superman et Batman rejoignent, le temps d’une aventure, la Société de Justice d’Amérique (couverture d’All-Star Comics #36, de Win MORTIMER).

Les scripts fournis par Jerry SIEGEL, Alvin SCHWARTZ et Don CAMERON alternent entre les histoires à dimension humaine et les affrontements avec des ennemis hauts en couleurs. Luthor prépare ainsi une machine capable de bloquer les rayons du soleil et de les renvoyer en rayons destructeurs : cette machine lui servant à faire chanter les habitants de Metropolis (Superman #48). Le Toyman, lui, planifie des crimes à l’aide de nouveaux jouets, depuis sa prison (Superman #47), après avoir fourni ses mêmes inventions à des industriels égoïstes, dérobés par le super-vilain (Superman #44).
Mais le truand est également piégé par un mystérieux tueur qui a pris pour cible un ancien jury (Superman #49). Plus flamboyant, le Prankster multiplie les machinations  les plus délurées, que ce soit un parc d’attractions remplis de friandises immangeables visant à ruiner un riche producteur de sucreries (Action Comics #104), ou une attaque particulièrement ambitieuse du système monétaire américain. Dans cet épisode (Action Comics #109), le Prankster parvient à modifier les billets qui deviennent tous des papiers blancs inutiles, et c’est au tour de Superman de créer des lingots d’or capables de suppléer aux dollars absents. John SIKELA y signe une scène étonnante qui montre l’Homme d’Acier fabriquer une fonderie gigantesque et se fournit en matières premières dans l’espace. Autre super-criminel, légèrement moins néfaste : il tente de rejoindre une université et de remporter un tournoi de baseball contre Superman lui-même (Superman #46), ou bien d’organiser un jeu d’échecs à taille humaine à travers les États-Unis (Action Comics #112). Face à de telles manigances, celle de Wilbur Wolfingham, consistant à escroquer des nantis désireux de faire un sommeil de 1000 ans, fait bien pale figure (Action Comics #107). L’autre versant des aventures de Superman et ce qui en fait alors un succès constant, est son ancrage humain et son attention aux petits tracas du quotidien. Ainsi Clark Kent et Lois Lane sont envoyés par leur journal à la recherche d’un « honnête homme » : tâche moins aisée qu’il n’y paraît, ils finiront par le trouver en la personne d’un photographe scrupuleux (Action Comics #114). Superman aidera également un homme amoureux à relever un défi pour épouser sa belle : tenir le plus longtemps sur un mât de cocagne, et éviter les nombreux attentats à sa vie (Superman #46). Dans les autres concours supervisés par le Daily Planet, l’on peut citer celui du plus grand collectionneur d’autographes qui oppose deux jeunes garçons, l’un riche, l’autre pauvre (Superman #48), et le voyage autour du monde que Lois entreprend (Superman #49).
Car la vie de reporter n’est pas de tout repos, et Clark Kent le sait bien, lui qui, pour conserver son poste, doit faire preuve d’un courage inédit en accompagnant une expédition scientifique menacée par la sinistre Gargouille (Superman #49). Le journaliste se retrouvera aussi embarqué dans une affaire rocambolesque d’héritage qui le verra devenir Lord anglais (Action Comics #106) : cet épisode a pour particularité de montrer que Superman ignore tout de son origine extraterrestre et de son passé avant l’adoption par les Kent. Enfin, la double-identité de notre justicier est également menacée quand un laveur de carreaux découvre Clark se changeant en Superman (Superman #48). Quant à Lois, elle découvre que la vie d’une Superwoman n’est pas aussi facile qu’il y paraît (Superman #45). Au cours de cette année mouvementée, Superman aura à peine le temps de se remémorer sa jeunesse dans un épisode qui, pour la première fois, fait le lien avec les aventures de Superboy, lorsque Clark ira retrouver ses amis d’enfance et jouera l’entremetteur pour deux d’entre eux (Superman #46) !

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