Depuis 1939, Superman est une icône de l’espoir. Et si le S sur la poitrine est un emblème incontournable, son costume a subit quelques modifications au fil des ans, jusqu’à posséder une cape vivante dans Absolute Superman !

Cela fait 88 ans que Superman s’est imposé comme une figure incontournable de la culture mondiale. Ce sont des décennies de bandes dessinées d’action, des décennies passées à défendre la vérité et la justice. Et des décennies d’Halloween où enfants et adultes ont revêtu ce costume bleu orné d’une cape rouge autour du cou, immédiatement reconnaissable. L’apparition de Superman n’a pas seulement marqué la naissance du super-héros tel que nous le connaissons aujourd’hui, mais aussi celle du costume de super-héros.

Au fil des ans, des détails mineurs ont changé, un emblème plus stylisé, la longueur des bottes, la suppression puis le retour des slips rouges, mais le design original de Joe Shuster transparaît toujours à travers chaque nouvelle version comme l’iconographie définitive d’un héros. Cela dit, on ne peut pas s’attendre à ce qu’un homme porte TOUJOURS la même tenue. De nombreux grands artistes ont saisi l’occasion de revisiter le costume de Superman au fil des ans, ce qui a chaque fois suscité une certaine controverse. C’est inévitable, après tout, lorsqu’on modifie un classique. Aujourd’hui, nous passons en revue la « garde-robe de la solitude » pour identifier les tenues les plus marquantes du répertoire vestimentaire de Superman.

Le classique

AVANTAGES : C’est le plus génial des costumes de super-héros de tous les temps.
INCONVÉNIENTS : Certains ont un problème avec le slip.

Ce n’est pas pour rien que c’est le costume de super-héros le plus célèbre. Joe Shuster a vraiment réussi un costume presque parfait dès le premier essai. La cape, l’emblème, le slip… oui, le slip. On a entendu toutes les blagues sur les « sous-vêtements portés par-dessus ». C’est une cible facile. Mais cette touche de rouge permet vraiment de rompre la silhouette de Superman, permettant aux lecteurs d’identifier facilement ses membres en action tandis que la cape traduit le mouvement. Chaque détail du costume original de Superman a une fonction, à l’image d’un architecte concevant un gratte-ciel sur lequel il pourrait bondir. Ces couleurs simples et primaires confèrent à Superman une silhouette que n’importe quel artiste peut dessiner, que n’importe quel enfant peut reconnaître et que toute personne en détresse peut apercevoir dans le ciel pour savoir que les secours sont arrivés.

Le noir et l’argent

AVANTAGES : Amincissant, va avec tout, super cool.
INCONVÉNIENTS : Ce n’est peut-être pas tout à fait le style de Superman.

Lorsque Superman est revenu d’entre les morts dans « La Mort de Superman », cet épisode qui a bouleversé le monde, ce n’était pas sous les traits de la figure d’espoir et de réconfort que nous connaissons. Avec un costume stylisé en noir et argent, la tenue de régénération de Superman (aussi présente dans ABSOLUTE POWER) suggérait un personnage plus sombre, plus en phase avec une période plus extrême et violente des bandes dessinées. Ce nouveau Superman serait-il le même que celui que nous avions toujours connu dans l’esprit ? Tout comme Luke Skywalker vêtu de noir dans Le Retour du Jedi, nous n’aurions pas dû nous inquiéter. Il n’a pas fallu longtemps avant que Clark abandonne l’argenté pour revenir au bleu. Il faut bien l’admettre, c’est un look plutôt sympa pour un Superman vengeur cherchant à inspirer une saine crainte à ses ennemis. Même Zack Snyder n’a pas pu résister à l’envie d’y revenir. Mais… c’est peut-être un peu trop « Batman ».

Le bleu électrique

AVANTAGES : Une création originale, digne de la haute couture à chaque fois.
INCONVÉNIENTS : Pas très câlin.

La deuxième règle des années 90 : si tu ne peux pas opter pour le sombre, opte pour le BRILLANT. Électrique, aux couleurs néon. Cette tentative de faire entrer Superman dans l’aube du XXIe siècle, avec une refonte massive de ses pouvoirs et de son design, constituait une rupture radicale (dans tous les sens du terme) par rapport à l’Homme d’Acier que nous connaissons et aimons, mais… si vous prenez un peu de recul et que vous essayez (vraiment) d’oublier tout ce que vous savez sur Superman… objectivement, ce look est plutôt cool, non ? Mais… peut-être pas pour Superman. (Le fils de Superman, en revanche…)

La métamorphose de la Mother Box

AVANTAGES : On dirait vraiment qu’il s’apprête à partir au combat.
INCONVÉNIENTS : On sait bien qu’on est dans les années 90, mais pourquoi la moitié de ces sangles sont-elles là ?

Le terme « toyetic », inventé par le concepteur de jouets Bernard Loomis dans les années 1970, décrit le potentiel et l’intentionnalité d’un design à être adapté en jouet. Par exemple : « Ce design prêt pour le combat, dévoilé pour la revanche de Superman contre Doomsday, est assurément “toyetic”. » Conçu pour Superman par une Mother Box de New Genesis, on devine presque ici l’intention de présenter Superman sous les traits d’un personnage du Quatrième Monde à la Jack Kirby. Mais si vous avez vraiment besoin d’un Superman à la Kirby, eh bien, nous avons déjà un Orion qui fait parfaitement l’affaire.

Le Golden Boy

POINTS FORTS : La forme en « S » est un peu avant-gardiste, mais cette statue rend un bel hommage à Superman.
POINTS FAIBLES : Comment ça, ce n’est pas une statue ?

Nous avons déjà évoqué l’importance des différents éléments de la palette de couleurs de Superman, qui structurent sa silhouette pour la rendre reconnaissable, mais la peau d’un or pur qu’il arbore, émergeant tel un dieu dans un futur situé plus de quatre-vingt mille ans plus tard dans DC One Million, est d’un effet purement époustouflant. Cela ne fonctionnerait pas vraiment comme un look cohérent dans une série d’histoires, mais en tant qu’expression de la figure totémique vers laquelle l’immortel Superman se dirige dans son parcours de héros à légende, l’ensemble fonctionne parfaitement. On ne voudrait pas forcément d’une série animée sur ce personnage, mais une figurine articulée de haute qualité serait une véritable bombe.

Le Beyonder

POINTS FORTS : Des lignes épurées et élégantes qui incarnent les éléments essentiels de l’esthétique de Bruce Timm.
POINTS FAIBLES : Vous savez ce qu’il manquait au look de « Kingdom Come » ? Moins de couleur.

Que se passe-t-il quand on applique le futurisme épuré de « Batman Beyond » à un « Homme d’Acier » vieillissant ? On obtient apparemment cette silhouette sinistre et monochrome. Inspiré à la fois par sa combinaison de régénération et par le Superman blasé et quelque peu distant de Kingdom Come, Superman a ici perdu, avec l’âge, bon nombre de ses liens avec l’humanité, et le caractère extraterrestre de son costume en est le reflet. C’est un costume auquel l’univers animé de DC fera à nouveau allusion avec brio dans la série animée Justice League, où le Superman « Justice Lord » s’oriente vers ce design, suggérant un avenir inévitable où le fils de Krypton deviendrait un tyran. C’est un costume parfaitement adapté à une vision plus sombre de Superman, née de son incapacité à maintenir le lien avec son monde d’adoption, ou, en d’autres termes, une représentation parfaite des plus grands soupçons de Lex Luthor à l’égard de l’Homme d’Acier, devenus réalité.

Le nouveau Kryptonien

AVANTAGES : Dans ce contexte, ça fonctionne.
INCONVÉNIENTS : Peut-on vraiment dire que c’est Superman ?

Cette combinaison militariste élégante, ornée d’un emblème discret représentant la Maison d’El, a constitué l’un des changements les plus radicaux par rapport au look traditionnel de Superman, à l’occasion de l’arc narratif « New Krypton » de 2008 qui l’a réuni avec la population restaurée de Kandor. Elle est remarquable, en réalité, par son caractère banal, elle n’a pratiquement rien à voir avec la combinaison évocatrice et multicolore qui définit Superman tel que nous le connaissons. C’est bien sûr intentionnel : c’est un look qui montre d’emblée que Kal-El a complètement renoncé au rôle de Superman, choisissant plutôt de rejoindre son peuple perdu en tant que l’un des leurs. C’est un statu quo qui n’aurait jamais pu durer, mais qui a permis d’explorer une facette de Superman que l’on voit rarement, que ce soit sur le plan vestimentaire ou autre.

Le champion du peuple

AVANTAGES : Présente Superman comme un homme du peuple, un héros issu de la classe ouvrière.
INCONVÉNIENTS : Trop peu habillé pour les événements de la Ligue des Justiciers.

Lorsque Grant Morrison et Rags Morales ont réinventé un jeune Superman pour la relance de la série de bandes dessinées, leur mission était de le ramener à sa vocation initiale : celle d’un défenseur de l’homme ordinaire, incarnant ses luttes contre une classe dirigeante oppressive. Vêtu d’un jean et d’un t-shirt, ce Superman ressemblait beaucoup à… eh bien, aux fans de Superman que l’on pourrait croiser tous les jours dans la vie de tous les jours. C’est efficace pour transmettre une ambiance particulière à une période de transition dans la vie de Superman, mais on ne peut s’empêcher de penser que quelqu’un a déjà adopté ce look… ah oui, c’était ton fils clone, dans la série Teen Titans de 2003. Arrête de piller la garde-robe de Conner, Clark. Tu as la quatre-vingtaine maintenant.

The New 52

AVANTAGES : Finies les blagues sur les « sous-vêtements par-dessus ».
INCONVÉNIENTS : Une armure sur un héros invulnérable peut sembler un peu exagérée.

Alors que le design simple de Superman imaginé par Morales le reliait à son passé, la refonte de la tenue de Superman par Jim Lee pour l’ère moderne l’a emmené dans la direction opposée. Une armure futuriste aux lignes angulaires, une ceinture remplaçant le célèbre slip rouge, le col, les manches, les bottes… C’est sans doute la refonte la plus complète que Superman ait jamais connue, et ce costume reste peut-être le plus controversé de tous les temps. Beaucoup ont salué ce changement comme une mise à jour indispensable de l’image de Superman. D’autres ont déploré la perte de la beauté simple de l’original. Mais comme l’a dit un jour Dream of the Endless, toutes les grandes histoires finissent par revenir à leur forme originale. Le slip était de retour dès 2018, et il semble bien parti pour rester. Pour trouver un juste milieu, Jon Kent arbore le look sans slip en tant qu’autre Superman actif sur Terre. Qui a dit qu’on ne pouvait pas avoir le beurre et l’argent du beurre ?

Le Papa de Warworld

AVANTAGES : Hatchi matchi.
INCONVÉNIENTS : À ne pas montrer aux enfants !

Un symbole étouffant d’oppression. Une parodie de l’identité de Superman, réduit à un instrument de soumission entre les mains d’un seigneur de guerre cruel. Une lutte physique contre le joug de la tyrannie, menant avec toute la force dont l’Homme d’Acier est capable pour la cause de la liberté de toute vie dans l’univers. Ce costume imposé à Superman dans l’épique « Saga Warworld » représente l’Homme d’Acier à l’un de ses moments les plus sombres et montre comment il a relevé ce défi pour s’envoler plus haut que jamais. Mais bon… c’est aussi super sexy.

Le costume de Superman dans l’univers Absolute


Absolute Superman Tome 1
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