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Dans l’univers de la « Renaissance DC », Batman est apparu il y a cinq ans. Et alors qu’il entamait sa carrière de justicier, Gotham City, la ville qu’il s’est juré de protéger, subissait en même temps une coupure de courant et un ouragan. C’est cette colossale saga que Scott SNYDER et Greg CAPULLO se proposent de raconter dans « L’An Zéro ». Dans Batman Saga #23, les lecteurs ont pu lire le premier épisode de « L’An Zéro », une saga ambitieuse, répartie sur plusieurs actes et de nombreux numéros, et dans laquelle Scott SNYDER et Greg CAPULLO chroniquent en détail les premiers pas de Bruce Wayne en tant que Batman. Vaste flash-back, « L’An Zéro » s’ouvre sur des pages énigmatiques où un Batman au costume fatigué arpente à moto une Gotham City livrée aux herbes folles et à la violence de gangs masqués. Cette séquence d’ouverture trouvera par la suite, au fil des numéros, son explication, culminant à l’occasion d’une catastrophe naturelle dont la métropole aura du mal à se remettre.

Les « masquerouges »

Les deux auteurs, profitant du contexte de la « Renaissance DC », modernisent de nombreux aspects des origines de Batman et replacent dans un contexte plus vaste différents éléments bien connus des lecteurs. C’est ainsi que les trois premiers épisodes, constituant l’acte « Cité Secrète », montre comment Bruce Wayne tente de lutter contre la criminalité sans costume. S’il utilise des déguisements et des gadgets, dont de spectaculaires bottes magnétiques lui permettant de marcher littéralement au plafond, il n’a pas encore adopté sa célèbre identité costumée. À la fin du troisième épisode de « Cité Secrète » (dans Batman Saga #25), Bruce a sa fameuse vision de la chauve-souris, qui lui donnera l’inspiration à la fois de son alter ego et de son costume. Cette révélation vient à point nommé. En effet, jusque-là, il s’est opposé à un gang de criminels organisés autour du Red Hood. Portant tous des masques rouges, ils terrifient la ville, s’attaquant aux symboles du pouvoir politique et industriel. Pour les lecteurs de longue date, le Red Hood n’est pas une nouveauté. Sa première apparition remonte à « L’Homme au Masque rouge », une aventure publiée dans Detective Comics #168, daté de février 1951 et réalisée par Bill FINGER et Lew Sayre SCHWARTZ. On y apprend qu’avant d’être le Clownesque Prince du Crime, le Joker agissait sous couvert de son heaume écarlate (à lire dans Joker Anthologie). Lors de la rencontre avec Batman, il choit dans une cuve de produits chimiques qui altéreront la couleur de ses cheveux et de sa peau, et fragiliseront sa santé mentale. Bien des années plus tard, Alan MOORE et Brian BOLLAND, dans Killing Joke, préciseront que le gang du Red Hood utilise l’anonymat, celui qui porte le casque couleur pivoine n’étant pas toujours le même au fil des larcins et des méfaits. SNYDER reprend cette idée du gang anonyme, et fait du Gang du Red Hood une réelle menace que Bruce Wayne ne parvient pas à contrer. Revêtant enfin son costume noir, Bruce devient Batman, et décide de reprendre la main.

Le Sphinx pose un ultimatum à la ville de Gotham City.
Extrait de Batman #24, dans Batman Saga #26
(dessin de Rafael ALBUQUERQUE).

 

Le black-out

Le second acte du grand drame chorégraphié par SNYDER et CAPULLO s’intitule « Cité des ombres ». Débutant dans Batman Saga #26, ce deuxième volet raconte la première mission de Bruce Wayne sous le célèbre costume. Les amateurs attentifs assisteront donc, en filigrane, à la naissance du Joker, même si Batman, pour l’heure, n’en a pas conscience. Pour l’instant, le justicier n’a pas le temps de savourer sa victoire que déjà une nouvelle menace apparaît : le Sphinx suscite un black-out complet sur la ville, au moment où la « tempête du siècle » se dirige droit vers Gotham. Comme si cela ne suffisait pas, il doit également affronter un nouveau criminel, le Docteur La Mort, dont les poisons ont des effets dévastateurs sur le corps humain. Comme pour le Red Hood, SNYDER et CAPULLO mettent en scène, dans une version modernisée, un vieil ennemi de Batman. Le Docteur La Mort fait sa première apparition dans Detective Comics #29, daté de juillet 1939, grâce à Gardner FOX et Bob KANE. Ce chimiste inventeur de substances mortelles reviendra le mois suivant empoisonner la vie de Batman. En 1982, alors que le Batman de l’Âge d’Or vit désormais sur Terre-2, Gerry CONWAY et Gene COLAN proposent une version modernisée du Docteur La Mort dans les pages de Batman #345 et Detective Comics #512, où ce bon Docteur ne se contente plus de faire chanter de riches gothamiens, mais se propose d’empoisonner toute la population. En 2004, c’est Dylan HORROCKS qui donne sa propre version du personnage dans Batgirl #42 à #44, où le Docteur La Mort fait commerce d’armes biologiques. La version qu’en donne SNYDER, d’une certaine manière, revient aux sources. Ce Docteur La Mort est de nouveau un savant fou, et, comme dans Detective Comics #29, il s’agit du premier super-vilain face auquel Batman doit se battre. Et il l’affronte alors que, dehors, la tempête menace.

Comme un ouragan…

Alors que Batman fête ses soixante-quinze ans en grandes pompes dans Batman Saga #27 (un numéro fatidique, puisque le personnage est apparu dans Detective Comics #27, daté de mai 1939), la saga « L’An Zéro » redéfinit les origines du héros pour les nouvelles générations. Le récit a une telle ampleur, à la fois en nombre de pages et par l’ambition de son propos, qu’il déborde de la série Batman et emporte dans son courant d’autres séries. Dans Batman Saga #27 , deux récits complémentaires, tirés des séries Detective Comics (Par John LAYMAN et Jason FABOK) et Batgirl (par Marguerite BENNETT et Fernando PASARIN), montrent comme Jim Gordon, jeune policier incorruptible, et sa fille adolescente Barbara, vivent les événements de la tempête imminente. Dans Justice League Saga #10, vous pourrez retrouver deux apprentis héros. Barry Allen, le futur Flash, et Oliver Queen, qui allait devenir Green Arrow, ont également, pour des raisons diverses, vécu la tempête sur Gotham. Le premier fait partie des policiers recrutés pour prêter main-forte aux forces de l’ordre sur place (par Brian BUCCELLATO, Chris SPROUSE et Francis MANAPUL), et le second s’est rendu dans la ville sinistrée afin de retrouver sa mère (par Jeff LEMIRE et Andrea SORRENTINO). Dans Superman Saga #8, Clark Kent, qui venait d’entamer une carrière de justicier en jeans et tee-shirt, tente de se rendre à Gotham City pour mettre ses gigantesques pouvoirs au service de la ville menacée (par Greg PAK et Aaron KUDER). Mais les forces de la nature sont plus fortes que lui et il se retrouve en pleine mer, entre plusieurs navires en détresse… Enfin, dans le numéro que vous tenez entre vos mains, l’épisode de Green Lantern Corps est consacré à John Stewart. Cinq ans plus tôt, celui qui deviendra Green Lantern fait partie du Corps des Marines. Il est envoyé en expédition afin d’assurer la sécurité des réfugiés…

Bruce Wayne en fâcheuse posture face au Gang du Red Hood. Extrait de Batman #23, dans Batman Saga #25 (dessin de Greg CAPULLO).

Vaste saga à l’ambition sans précédent, « L’An Zéro » emporte tout sur son passage : les héros, les séries, les magazines, et même les lecteurs, tous soulevés par la force du récit. La tempête n’a pas encore déferlé sur Gotham City que tout l’univers DC est secoué. Et SNYDER et CAPULLO ont encore bien des surprises en réserve. Ne serait-ce que l’explication de cette fameuse séquence d’introduction, aussi alléchante que mystérieuse…

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