La guerre contre le crime que livre Batman s’intensifie avec l’entrée dans une nouvelle décennie. Aux gangsters et monstres issus du folklore fantastique succède une nouvelle race de truands, aux costumes fantasques et aux noms évocateurs, à même de rivaliser avec le Chevalier Noir. Les « super-vilains » offrent de nouveaux défis au héros.

Heureusement pour lui, les auteurs lui adjoignent un nouvel allié : Robin !

Le « jeune prodige » fait une apparition remarquée en couverture de Detective Comics #38 (avril 1940), s’installant définitivement dans la mythologie du personnage. Le jeune Dick Grayson, acrobate de cirque qui se retrouve orphelin dans des circonstances similaires à celles de Bruce Wayne, fait bien vite le serment de combattre le crime auprès de son mentor. Bill FINGER avait ainsi imaginé un personnage pouvant donner la réplique à Batman, ce qui, de fait, permettait d’accompagner plus facilement les explications lors des enquêtes. Bob KANE avait rebondi sur l’idée en songeant à un associé plus jeune, s’inspirant du « Junior » de Dick Tracy de Chester GOULD. Enfin, Jerry ROBINSON, l’assistant de Bob KANE, puisa l’inspiration pour le costume et le nom dans le personnage de Robin des Bois, immortalisé sur grand écran par Errol FLYNN dans le film de Michael CURTIZ.

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L’arrivée de Jerry ROBINSON à l’encrage et aux finitions donne aux dessins
de Bob KANE un nouveau souffle (Detective Comics #36, février 1940).

Cette collaboration fructueuse entre le trio porta également ses fruits dans la création des nouveaux ennemis du Chevalier Noir. Plus tôt dans l’année, dans Detective Comics #36, ils avaient inventé le professeur Hugo Strange, un savant démoniaque, dans la mouvance des vilains précédents ; pourtant, sa ténacité et ses fréquents retours (dans Batman #1 puis Detective Comics #46) lui offriront une notoriété que n’ont pas connue le Dr Death ou le Moine. De même, le comédien meurtrier Basil Karlo, dit Clayface, inspirera d’autres truands du même nom. Mais les deux plus fameux ennemis du Batman apparurent tous deux dans le numéro 1 de son propre magazine, au printemps. Le Joker et Catwoman, initialement appelée « the Cat », sont les vedettes du numéro. Le premier va jusqu’à apparaître dans deux histoires, la dernière page de la deuxième (et dernière) le montrant même poignardé. Le Joker ne dut alors sa survie in extremis qu’à l’intervention du responsable éditorial, qui vit dans le Clown, Prince du Crime, un potentiel d’histoires… et de menaces.

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Le Joker débute comme un assassin méthodique qui n’hésite
pas à se grimer pour accomplir ses méfaits. Il est ici déguisé en
policier, comme dans The Dark Knight de Christopher NOLAN
(Batman #1, printemps 1940).

Potentiel qui sera exploité au cours de l’année, dans plusieurs épisodes. The Cat, quant à elle, débute comme cambrioleuse, habilement grimée en riche héritière d’un certain âge. Elle va ensuite affronter le Joker dès Batman #2, avant de revêtir un masque de chat dans le numéro 3. Elle en profitera pour croiser un personnage éphémère, l’inspecteur McGonigle, chargé par la police de capturer le Batman, et par les auteurs de fournir un élément comique. Batman et Robin ont donc fort à faire entre leurs deux magazines, et en profitent également pour visiter la Foire Internationale de New York dans le magazine official New York World’s Fair Comics. Sur la couverture, Jack BURNLEY livre pour la première fois l’association entre le Dynamic Duo et un certain Homme d’Acier de la planète Krypton… Superman !

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