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Vous avez apporté votre lasso de vérité ?”, me demandent souvent les gens, et je suis obligée de rire. Mais c’est vrai: Wonder Woman porte toujours ses accessoires sur elle. Après tout, c’est une femme pleine de bon sens.

Mais comme nous le savons tous, le style prime sur la fonctionnalité. Tout ce qu’elle porte sert à quelquechose : ses bracelets en or défléchissent les balles, sa ceinture de Vénus lui confère une force surhumaine, sa tiare lui sert de boomerang et son lasso contraint ceux qu’il emprisonne à dire la vérité ; vérité qui est sa philosophie de vie. Mais ce n’est que la partie visible. L’intellect de Wonder Woman est son vrai pouvoir. Elle est désarmante d’honnêteté et elle sait se battre.

J’étais comme toutes les petites filles qui adoraient lire les aventures de Wonder Woman. À l’époque, il n’y avait pas beaucoup de personnages féminins forts auxquels s’identifier. Il y avait Betty et Veronica de la série Archie, puis il y avait Wonder Woman. Et quelques années plus tard, on proposa de me payer pour l’interpréter à la télévision. Imaginez un peu ! Je l’aurais fait gratuitement ! J’apprenais le métier d’actrice à Hollywood et j’étais une innocente gamine, fraîchement débarquée en ville. J’avais à peine 24 ans et enfiler ce costume – le maillot de bain échancré aux couleurs du drapeau américain – a été l’une des expériences les plus marquantes de ma vie.

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Ceci dit, le costume et les accessoires ne sont pas l’essence de Wonder Woman. Diana est avant tout cette “personnalité secrète enfouie en chaque femme : la femme belle, indomptable, tenace et puissante que l’on sait trouver en nous. Elle est l’antithèse de la “victime ». Elle est la mère célibataire qui exerce plusieurs métiers, l’héroïne méconnue, la soeur qui vous soutient, la fille dévouée, l’épouse aimante. Elle est l’archétype de la femme libérée, et de cette partie de nous qui n’est pas confinée dans un rôle social. Wonder Woman s’est démarquée de toutes les femmes de son époque. Elle a toujours recherché – ardemment désiré – un lien avec les autres dans ce nouveau monde. Vers qui pouvait-elle se tourner ? Non seulement elle était séparée de sa famille et de ses racines, mais elle avait aussi son identité secrète à protéger. C’est ce besoin de nouer des liens qui, dans mon esprit, a toujours fait d’elle un personnage humain, attachant et complexe.

Je n’ai jamais essayé de l’abêtir ou de la traiter comme un personnage de bande dessinée en deux dimensions ; j’avais trop de respect pour elle pour ça. Je l’ai interprétée comme un personnage à part entière. Elle avait deux visages qu’elle montrait au monde, mais elle ne faisait qu’une. Diana Prince est Wonder Woman. Elles sont les deux faces de la même personne. En vérité, je n’ai jamais interprété “Wonder Woman », j’interprétais la princesse Diana (Diane, alias Artémis, déesse de la chasse et des bêtes sauvages). Elle venait d’une île de femmes où elle n’était pas nécessairement la plus jolie ou la plus forte. Elle n’avait pas particulièrement une haute opinion d’elle-même. Elle était intriguée par Steve Trevor et se battait pour avoir la chance d’être celle qui le ramènerait chez elle. Quand elle s’est retrouvée dans cet autre monde – les États Unis des années 1940 –, ses réactions héroïques découlaient naturellement de ses valeurs et de ses pouvoirs.

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Même si je suis à tout jamais identifiée à ce rôle, Wonder Woman nous appartient à toutes. Elle vit en nous. Elle est le symbole des possibilités extraordinaires qui résident en nous, même si elles peuvent être bien cachées : c’est, selon moi, le don fondamental que Wonder Woman fait aux femmes. Notre véritable challenge au XXIe siècle est peut-être de nous forcer à atteindre notre potentiel tout en respectant nos valeurs. Wonder Woman est intrépide. Elle voit le bien en chacun de nous, convaincue que nous sommes capables de changer, d’éprouver de la compassion et d’être généreux. Elle est bienveillante et optimiste, et elle a un grand sens de l’humour. Ce sont justement là les dons fondamentaux que la femme moderne a à offrir. À une époque où la féminité se défait des restrictions partout dans le monde, Wonder Woman reste cet archétype fondamental. J’adorais Wonder Woman quand j’étais petite, j’adorais Wonder Woman quand je jouais son rôle, et j’adore Wonder Woman encore aujourd’hui. Elle est la déesse en chacune de nous. Si pour Einstein l’imagination est plus importante que le savoir, alors peut-être que ce dont nous avons le plus besoin est de conserver cette capacité à nous “ émerveiller »… continuer à ouvrir nos esprits et nos coeurs, de croire en ce que nous ne pouvons voir. Qui sait, peut-être que Wonder Woman peut réellement sauver le monde ?

Lynda Carter

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