Michael SHEEN, acteur et réalisateur multi-primé a été acclamé pour ses nombreux rôles au cinéma et à la télévision, notamment dans Frost/Nixon, The Queen, Midnight in Paris et la série télévisée showtime Masters of Sex. Mais il reste avant tout un incorrigible fanboy. Il revient aujourd’hui sur la série Sweet Tooth. 

 LA RÈGLE numéro un. Quitter les bois est un péché…sweetooth4C’est désobéir à Dieu et, comme pour Adam, cette erreur doit être payée. Mais c’est seulement en désobéissant à Dieu que l’homme a entamé son long périple vers la conscience de lui. Et, avec la conscience, est venue la connaissance, puis avec la connaissance, le début de l’arrogance. Les Grecs appelaient ça l’hubris. Un orgueil démesuré, punissable par les Dieux.

Descendant la rivière dans le cœur le plus noir d’Apocalypse Now, le Capitaine Willard prévient, « Ne jamais quitter le bateau. On ne pouvait pas mieux dire. À moins d’être prêt à aller jusqu’au bout. » Eh bien, accrochez-vous à vos bois, mes amis, parce que celui-là, de bateau, il va jusqu’au bout… Le début de la fin nous dit-on, c’est « l’histoire d’un petit garçon avec des bois sur la tête qui vivait tout seul dans les bois. » Et c’est exactement ça. Un petit garçon avec des bois et beaucoup de noms. Gueule Sucrée/Sweet Tooth. Gus. Numéro 171. Le Garçon-Roi. Mais il n’aime pas qu’on l’appelle Gueule Sucrée. Et si 171 sonne trop clinique, le Garçon-Roi est un peu trop grandiose.

Alors, contentons-nous du nom que lui a donné son père : Gus. Son père, le concierge prophète, une voix implorante dans le Nebraska sauvage qui prépare son protégé comme il peut. Gus n’est pas né de manière ordinaire. Comme d’autres de son espèce, qu’ils aient été conçus entre une paire de cuisses ou par l’immaculée conception, ses débuts sont à la fois humbles et prodigieux. Comme le dieu hindou Shiva, il est à la fois créateur et destructeur, sauveur et fléau, la fin et le commencement. Mais avec un goût immodéré pour les tissus écossais et le chocolat. Où il y a Innocence, il doit aussi y avoir Expérience. L’une agit sur l’autre, l’altérant, la modifiant, l’emmenant dans la corruption pour l’une, la rédemption pour l’autre. Donc, s’il y a un Gus, il faut aussi un Jepperd. L’homme de violence. Le Costaud. Le Démon Blanc. Le Berger.
Au début de cette histoire, il renie Dieu, c’est un ancien joueur de hockey à la recherche d’une histoire à la Frank MILLER pour s’autodétruire.

« J’ai toujours su me battre. C’est pour le reste que je n’ai jamais été très fort. »

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