La fin de la Seconde Guerre mondiale approche mais le conflit s’intensifie avec le débarquement des forces alliées en Europe et les combats toujours plus violents dans le Pacifique. En réaction, les comic books de Superman vont adopter un ton plus léger, voire humoristique.

 

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En couverture de Superman #30 (sept.-oct. 1944), Jack BURNLEY illustre l’impensable : Lois choisit Clark à la place de Superman !

 

Ce choix est signifié par des changements au niveau du dessin, tout d’abord : les couvertures de Jack BURNLEY et Wayne BORING -qui à l’époque réalise les strips de presse- vont s’éloigner du conflit pour multiplier les scènes fantaisistes ou du quotidien (Superman à la fête foraine, ou attablé à une machine à écrire). À l’intérieur, Ed DOBROTKA, Sam CITRON et Ira YARBROUGH reprennent le personnage et transforment son Metropolis en une cité colorée et fantaisiste où l’inattendu peut arriver à tout instant. C’est ainsi que Jerry SIEGEL et Don CAMERON multiplient les scénarios légers et les personnages de mythomanes et arnaqueurs : aux côtés de Suzie Thompkins qui fait son retour dans Action Comics #68 (janvier) ou de l’inusable Prankster, deux nouveaux malfaiteurs font leur apparition. Tout d’abord Wilbur Wolfingham, un escroc dont le physique ressemble à celui de l’acteur comique W.C. FIELDS : l’épisode qui l’introduit fait d’ailleurs référence aux autres stars du burlesque comme LAUREL et HARDY. Wolfingham refera des siennes plusieurs fois durant l’année, notamment en élaborant des arnaques foncières, anticipant de la sorte le Lex Luthor du film de Richard DONNER, en 1978. L’autre malfaiteur vient, lui, directement de la 5e dimension de Zrff et apparaît à la fois dans les pages des journaux et dans le magazine Superman (#30 de septembre). Il s’agit bien entendu de Mr. Mxyztplk, un elfe surpuissant qui manipule la réalité à sa guise, et défie, tous les 90 jours, l’Homme d’Acier, le seul moyen de le renvoyer dans sa dimension étant de lui faire prononcer ou écrire son nom à l’envers.

 

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Mr Mxyztplk, l’insupportable lutin de la 5e dimension fait des siennes dans Superman #30 (par Jerry SIEGEL, Joe SHUSTER et Ira
YARBROUGH).

 

Dans les journaux, sa première confrontation avec Superman tournera autour d’une mystérieuse femme, réputée être irrésistible, et dont le visage est habilement caché par Wayne BORING et Stan KAYE. Superman évolue comme un poisson dans l’eau dans ce nouvel environnement humoristique : il se voit capturé puis remplacé par un inventeur amoureux faisant croire à sa fiancée qu’il est le célèbre super-héros (Action Comics #74) ou vient en aide à un cuistot étranger racketté dans l’un des premiers scénarios d’Alvin SCHWARTZ, auteur intéressé par la confrontation entre les surhommes et les hommes ordinaires (Action Comics #78). Mais son versant mythologique n’est pas oublié pour autant, comme le prouvent ses rencontres avec Mercure (Superman #26), le géant Paul Bunyan (Superman #27) et surtout Hercule, qu’il entraîne afin qu’il puisse réaliser ses douze travaux (Superman #28). Côté coeur, sa romance avec Lois continue de connaître des hauts et des
bas : la fête de la Saint Valentin tourne vite en eau de boudin (Action Comics #71), tandis qu’une enquête sur des voleurs de hobbies amènent Lois et Clark à deux doigts de partager un baiser (Action Comics #73). Les deux collègues trouvent également à faire chacun de leur côté : Superman se prend des vacances bien méritées (Action Comics #70) et Lois prouve qu’elle peut mener des enquêtes palpitantes sans son chevalier servant. En effet, à partir de Superman #28, le dessinateur Ed DOBROTKA, associé aux différents scénaristes, fournit des histoires courtes la mettant en scène, destinées à palier à la réduction de pagination (de 56 à 48 pages) qui frappe le mensuel, en cette année 1944.

 

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