S’il fait aujourd’hui partie des personnages les plus célèbres du catalogue DC, il compte également parmi les plus anciens. Créé en 1940, l’Éclair Écarlate a eu plusieurs incarnations, dont Barry Allen, actuel tenant du titre et sans doute le personnage le plus important de l’univers DC. Pourquoi ? Parce qu’il est le plus rapide, et que cela fait de lui le pionnier.

Comme de juste pour un super-coureur, Flash arrive très tôt, un an et demi après Superman. Créé par Gardner FOX et Harry LAMPERT dans Flash Comics #1 de janvier 1940), Jay Garrick ne sera pas le seul bolide, puisque d’autres super- rapides font leur apparition dans les mois qui suivent, parmi lesquels Silver Streak, le Whizzer, Hurricane (créé par Joe SIMON et Jack KIRBY), le premier Quicksilver ou encore Johnny Quick. On le voit, Flash, dans sa première incarnation et malgré l’existence d’un titre à son nom, n’est qu’un héros parmi d’autres, et même s’il est dans le peloton de tête, il demeure noyé dans la masse.

 

http://www.urban-comics.com/wp-content/uploads/2013/04/flash_article_grand.jpg

Barry Allen traverse la barrière dimensionnelle et rencontre son homologue de Terre-2, Jay Garrick. Une grande avancée dans la construction des univers de super-héros. Extrait de Flash #123, dans DC Comics Anthologie (dessin de Carmine INFANTINO).

 

Passer le relais

 

Il faut attendre sa recréation, dans Showcase #4 d’octobre 1956, pour que Flash retrouve son statut de précurseur. Mais il revient sous une forme altérée, disposant d’un nouveau costume et d’une nouvelle identité, celle de Barry Allen. C’est l’idée de Julius SCHWARTZ, qui a l’époque est persuadé que les super-héros peuvent retrouver leur potentiel commercial, et décide de leur accorder leur chance. Il fait donc revenir le héros, dans sa nouvelle version, au sein de l’anthologie Showcase, qui propose à chaque numéro une histoire différente. Ce sont les scénaristes Robert KANIGHER et John BROOME et les dessinateurs Carmine INFANTINO et Joe KUBERT, qui donnent vie à ce nouveau personnage. À partir de ce moment, Flash, l’homme le plus rapide du monde, devient également le super-héros qui annonce avant les autres les grands mouvements de l’univers DC. Il est le premier à connaître une renaissance à la fin des années 1950. Avant Green Lantern, avant Atom, avant même les Fantastic Four de Marvel, il est le premier à s’engager dans le renouveau du genre super-héroïque, ce que l’on appellera plus tard l’Âge d’Argent. Et bien entendu, il est le premier personnage DC à rejoindre Batman, Superman et Wonder Woman, qui eux n’avaient jamais cessé d’être publiés depuis les origines.

 

http://www.urban-comics.com/wp-content/uploads/2013/04/flash_img02.jpg

Flash a reconstruit le continuum espace-temps. Tout semble revenu à la normale. Une fois de plus, c’est par Flash que l’univers est transformé. Extrait de Flashpoint #5, dans Flashpoint #3 (dessin d’Andy KUBERT).

 

Terres multiples

 

Non content de montrer la voie du renouveau, Flash, dont les pouvoirs de vitesse lui permettent de voyages dans le temps et dans les dimensions, découvre qu’il existe des terres parallèles et qu’il peut franchir les barrières qui les séparent. C’est ainsi que dans Flash #123 (septembre 1961), écrit par Gardner FOX et dessiné par Carmine INFANTINO, Barry Allen passe dans un monde alternatif, Terre-2, et retrouve Jay Garrick, le Flash de l’Âge d’Or. L’épisode aurait pu être anecdotique, et pourtant, une fois de plus, Flash se montre précurseur. En effet, l’univers DC, dès lors, se développe sur différents mondes parallèles. Quand l’éditeur rachète les catalogues de différents concurrents ayant cessé leurs activités (on pensera notamment à Fawcett, l’éditeur de Captain Marvel, ou à Charlton,  l’éditeur de Blue Beetle ou de Question…), il placera les nouvelles aventures de ces héros sur des mondes divergents. L’univers DC se compose alors de nombreuses réalités, qui permettent de publier les aventures de nombreux héros sans se soucier des problèmes de cohabitation et de voisinage.

Le revers de la médaille de cette construction, est qu’elle peut paraître absconse pour les néophytes. Peut-être aussi pour les scénaristes. Toujours est-il que la direction de DC décide de confier à Marv WOLFMAN et George PÉREZ la lourde tâche de ranger et de dépoussiérer le catalogue. Les deux auteurs réalisent donc Crisis on Infinite Earths, qui remet à jour l’univers DC en 1986. Et là aussi, Flash aura son rôle à jouer en montrant la voie à suivre. Se sacrifiant pour détruire la machine de l’Anti-Monitor, Barry Allen est en quelque sorte le premier des héros à accepter que les Terres parallèles disparaissent, fondues en une seule Terre unique. Mieux encore, il est également le premier des héros classiques à passer la main. En l’occurrence, c’est son pupille, Wally West, qui prend sa place et devient donc le troisième Flash. Là encore, le héros est précurseur, puisqu’il pousse jusqu’à sa conclusion logique le thème de l’héritage, une génération de Flash succédant à une autre, et l’élève à son mentor.

 

http://www.urban-comics.com/wp-content/uploads/2013/04/flash_nega_img01.jpg

Extrait de Flashpoint #5, dans Flashpoint #3 (dessin d’Andy KUBERT).

http://www.urban-comics.com/wp-content/uploads/2013/04/flash_nega_img02.jpg

Flash face à son double négatif, le Néga-Flash, au coeur du monde dystopique et angoissant créé leurs énergies spatio-temporelles. Extrait de Flashpoint #5, dans Flashpoint #3 (dessin d’Andy KUBERT).

 

Écrire l’histoire

 

Pendant des années, Wally sera le Flash officiel. Mais en 2008, dans les pages de Final Crisis, puis dans la minisérie Flash: Rebirth de Geoff JOHNS et Ethan VAN SCIVER, Flash revient. Pour une fois, il a été devancé par Hal Jordan, revenu quatre ans plus tôt dans le costume de Green Lantern. Cependant, comme à son habitude, Flash va montrer le chemin. Reprenant son identité d’enquêteur de la police scientifique, Barry Allen affronte le Professeur Zoom dans un conflit qui verra l’histoire réécrite, à cause de leurs pouvoirs sur l’espacetemps, et la création d’un univers parallèle, exploré dans la mini-série Flashpoint (à découvrir dans les trois numéros du magazine du même nom). Bien décidé à retrouver son univers, Flash parvient à nouveau à changer le cours de l’histoire. Quand les choses redeviennent normales, l’univers DC a été entièrement réécrit. Toutes les séries redémarrent au numéro 1, sous le titre général de « New 52 », une véritable « Renaissance », que l’on doit entièrement à Flash. Non content d’avoir été l’instigateur du renouveau du genre super-héroïque en 1956 et de l’exploration des Terres parallèles en 1961, Flash est également à l’origine de la recréation totale de l’univers DC. Et alors qu’il pourrait se reposer sur ses lauriers, il part explorer la Force Véloce et découvre que l’énergie libérée par sa course permet de maintenir le monde dans son état normal, comme il est expliqué dans DC Saga #8.

Décidément, si Flash est l’un des personnages les plus importants de toute l’histoire éditoriale de la bande dessinée américaine, il s’impose, dans sa nouvelle série, comme l’un des héros essentiels du vaste et passionnant univers DC.

Plus d'articles