Christopher Nolan, et David S. Goyer sur Batman Un long Halloween, en 2006, quelques semaines avant le tournage de Batman The Dark Knight

CHRISTOPHER NOLAN : Quand on s’’attaque à une adaptation de Batman au cinéma, les gens demandent toujours : « vous regardez ce comic-ci ou celui-là ? » en réalité, on les regarde tous. Mais, en tant que réalisateur, UN LONG HALLOWEEN est l’’aventure de Batman qui avait le meilleur potentiel cinématographique.

DAVID S. GOYER : il a tous les aspects d’’un film. Je pense que UN LONG HALLOWEEN est certainement l’’aventure de Batman la plus ambitieuse qui ait vu le jour. C’est celle qui a le scénario le plus dense.

CN : C’’est le paroxysme du genre policier. Jeph Loeb a fait un travail incroyable en prenant les éléments les plus exotiques de l’’univers de Batman et il les a ancrés dans un monde vraisemblable. Il a pris des seconds rôles et leur a donné de vraies vies et de vraies émotions. Leurs actes ont des conséquences réelles. L’ ’impact sur le lecteur s’en ressent. UN LONG HALLOWEEN est plus qu’’un comic book. C’’est une tragédie épique.

DG : Tout à fait. et les dessins de Tim Sale accentuent cet aspect avec une palette de couleurs restreinte et l’’utilisation des ombres. ce qui crée un équilibre stylistique entre l’expressionnisme et un certain réalisme. Ça me rappelle M le Maudit de Fritz Lang. La plupart du temps, les gens associent son style à celui de Metropolis, mais je trouve que ça ressemble plus à M.

CN : Exactement. Les dessins ont tout du film noir ! Ils montrent cette grande ville américaine et la pègre qui menace de l’’étouffer avec un niveau de détails frappant et une perspective remarquable.

DG : Dans le passé, on avait souvent vu Batman combattre ses ennemis en vase clos. Les machinations de la police, la corruption, la façon dont Gordon et Dent doivent gérer tout ça… toutes ces choses n’’avaient jamais été traitées avant UN LONG HALLOWEEN.

batman

CN : Nous avons repris l’’idée du triumvirat de UN LONG HALLOWEEN pour Batman Begins, en partie. Ce triumvirat peut être symbolisé par un triangle avec, à chaque pointe, Batman, la police et le procureur. ils forment une force capable de lutter contre la corruption.

DG : Cette scène sur le toit, entre Gordon, Dent, et Batman dans UN LONG HALLOWEEN, où l’’on réalise que Batman peut facilement amener les criminels devant la justice, mais qu’’il a besoin de la police pour les arrêter et du procureur pour les poursuivre, c’’est une nouveauté introduite par Jeph Loeb. Pour Batman Begins, nous avons remplacé Dent par Rachel, à la pointe du triangle, mais elle a la même fonction.

CN : Exactement ! UN LONG HALLOWEEN suggère que Batman est très utile à Gotham, ce qui nous a aidés car, quand on veut adapter le personnage dans un film de façon réaliste, on se pose la question : “Bon, quel est le but de Batman ?” Il ne peut pas être partout à la fois. Il n’’a pas de super-pouvoirs. c’’est juste un homme normal. Alors, comment être le plus efficace ? Comment utilise-t-il ses talents pour transformer une ville entière ? UN LONG HALLOWEEN a répondu à cette question, en positionnant Batman et Bruce Wayne au coeœur des mécanismes de Gotham. J’’ai été impressionné par la facilité avec laquelle Loeb et Sale ont réussi à intégrer les éléments les plus fantastiques de Batman, particulièrement les vilains, dans un monde réel, établissant ainsi un équilibre crédible. Ça nous a beaucoup inspirés.

DG : C’est certainement le cas avec Jim Gordon. UN LONG HALLOWEEN a poursuivi ce que ANNÉE UN avait commencé, en nous offrant un portrait tout à fait différent de Jim Gordon. Dans les précédents comics, les films et les séries tv, Gordon était du genre empoté, alors que dans ces aventures, c’est un sergent aux abois, au milieu d’une police corrompue. C’’est le Gordon qu’’on voit dans Batman Begins.

Cn : Oui. Et au fur et à mesure que nous avançons sur The Dark Knight, UN LONG HALLOWEEN nous influence de plus en plus sur le personnage d’’Harvey Dent. En écrivant Batman Begins, nous avions beaucoup parlé d’’intégrer Harvey Dent dans le film. Nous en parlions dès le début de la conception.

DG : Tout à fait. Brièvement, cela dit.

Cn : Puis, nous avons réalisé que nous ne pouvions pas lui rendre justice.

DG : Pour moi, il y a trois grandes influences dans l’’univers de Batman. il y a ANNÉE UN, le travail de Neil Adams, et UN LONG HALLOWEEN. Mais quand The Dark Knight sortira, tout le monde verra l’’influence prééminente de UN LONG HALLOWEEN sur les deux films.

Cn : Oui, c’est bien possible.

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