Retour sur grand écran

En 1949, les aventures dessinées de Batman et Robin sont confiées à différents auteurs mais il est un fait que Dick SPRANG, alors au sommet de son art, se taille la part du lion en dessinant dans quasiment tous les numéros de Detective Comics et dans une bonne partie du mensuel Batman. Le reste des épisodes sont partagés entre Jim MOONEY et Lew SCHWARTZ qui ont tous deux remplacé petit à petit les places vacantes laissées par Jack BURNLEY et Jerry ROBINSON. Mais c’est également l’année durant laquelle les deux justiciers se retrouvent à nouveau en vedette d’un serial, cette fois-ci intitulé Batman and Robin et mettant en scène Robert LOWERY dans le rôle du Chevalier Noir et John DUNCAN dans celui de son jeune acolyte. Si, dans le premier serial, le physique de l’acteur interprétant Alfred avait aidé à modifier le personnage de BD, ici, le script s’inspire des dernières modifications de celle-ci en introduisant la journaliste Vicky Vale, interprétée par Jane ADAMS. Le rôle du Commissaire Gordon est quant à lui confié à Lyle TALBOT, un acteur qui jouera également Lex Luthor l’an suivant dans Atom Man vs. Superman.

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Invité dans un pays d’Amérique du Sud, Batman entraîne un justicier afin de capturer le terrible El Papagayo : une des inspirations de Batman Incorporated (couverture de Batman #56, par Dick SPRANG).

Comme pour le premier, l’intrigue du feuilleton ne fait pas intervenir des vilains réguliers mais en crée un de toutes pièces, à savoir le Wizard, un criminel cagoulé, dont l’identité demeure mystérieuse jusqu’au 15e et dernier épisode. Le Wizard utilise néanmoins un appareillage proche des savants fous de comics : un gadget électronique qui contrôle les automobiles. Ce serial tardif arrive alors que le genre est en train d’être remplacé par les premières séries télévisées, comme The Adventures of Superman qui allait débuter quelques années plus tard. Du côté des aventures en BD, Batman et Robin continuent leur chemin sous la houlette du dessinateur Dick SPRANG qui multiplie les inventions et trouvailles visuels. Le découpage unique et le soin particulier qu’il apporte aux décors vont faire de Gotham City une ville colorée, digne de Las Vegas où les enseignes lumineuses imposantes, les expositions aux machineries gigantesques, et les gangsters chamarrés sont légion. Ainsi, il lance, dans Detective Comics #147, le Dynamique Duo aux trousses du Requin-Tigre, un bandit au masque intégral et à la combinaison à rayures, qui utilise des armes nautiques et est basé dans un repaire ultra-perfectionné dans les grands fonds. Il s’agit en fait d’un océanographe, le Dr Gaige, qui aida Batman à concevoir un sous-marin, le « sub-batmarine », qui servira à sa capture. Scott SNYDER saura se souvenir du pseudonyme et donnera une nouvelle version dans Batman – Sombre Reflet (coll. DC Classiques) en en faisant un contrebandier particulièrement sadique.

Bruce Wayne devient policier le temps d’un épisode ! (Batman #55, dessin de Bob KANE et Charles PARIS).

Batman et Robin continuent également de traquer des gangsters « fétichistes » comme le « Pied Piper », obnubilé par les pipes (Detective Comics #143), ou Carl C. Cave, un truand superstitieux obsédé par le chiffre 3 (Detective Comics #146). Le Joker n’est pas en reste, lui qui va élaborer des vagues de crimes basés sur des effets sonores (Detective Comics #149), et monter un cours particulier pour entraîner des « Jokers » à travers tous les États Unis (Batman #55), quand il n’organise pas des vols tellement drôles que les victimes refusent de porter plainte (Batman #52). De leur côté, les justiciers ont fort à faire pour garder la main haute sur les gangsters. Ainsi, Robin perd la mémoire et doit réapprendre toutes les bases du combattant du crime, mais seul un traumatisme évoquant le meurtre de ses parents réussira à le faire sortir de son amnésie (Detective Comics #145). Batman, lui, imagine, dans un épisode rêvé, qu’il peut enfin survoler la ville grâce à des ailes mécaniques, qui malheureusement ne fonctionnent pas dans la « réalité » (Detective Comics #153). Et les deux héros sont également victimes des expériences du Professeur Zéro qui les réduits à la taille d’oiseaux (Detective Comics #148).

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Une des histoires les plus étranges du Duo Dynamique : Batman en siroi ! (Batman #53, par Bill FINGER et Jim MOONEY).

On comprend dès lors pourquoi ils voient d’un bon œil l’aide de deux personnages hauts en couleurs. D’une part, le « Magnifique » Mr. Wimble, un apprenti détective qui n’est pas sans rappeler les débuts d’Alfred (Batman #51). De l’autre, une véritable personnalité de la radio, Kay Kyser, chef d’orchestre et animateur radio d’un quizz musical que le Chevalier Noir remporte non seulement haut la main, mais tout en capturant un gangster qui prépare le vol de la station ! [one_fourth]batman-anthologie[/one_fourth] [three_fourth_last]

Envie d’en découvrir plus sur Batman ?

La légende du plus célèbre des héros de comics en vingt récits réalisés par ses plus grands auteurs. Bill FINGER, Bob KANE, Frank MILLER, Dennis O’NEIL, Paul DINI, Neal ADAMS, et bien d’autres se retrouvent au sommaire de cette anthologie inédite. En conclusion de cet ouvrage, la première partie inédite de « Batman Année Zéro » par Scott SNYDER et Greg CAPULLO !

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