1. Watchmen ou la déconstruction des super-héros

A la base Alan Moore prévoyait de centrer son intrigue autour de personnages de Charlton Comics (DC Comics )  comme Blue Beetle, Peacemaker, ou encore Captain Atom. Le point de départ devait être le meurtre de The Peacemaker.
Seulement pour faire face au contexte de Crisis On Infinite Earth , Alan Moore ne pouvait plus utiliser ces personnages. Du coup, de nouveaux personnages sont apparus, et c’est comme ça que Watchmen est né.

Déconstruire les super-héros fût une démarche inédite. Ses personnages sont névrosés, sociopathes, et évoluent dans un univers volontairement insécurisé et instable. Anti-héros mais animés d’une démarche altruiste et égocentrique c’est ainsi qu’ils se mobilisent pour combattre le crime. Et c’est en cela que Watchmen est une véritable bombe : le récit montre pour la première fois (et dans son fondement) comment notre société façonne les (super)hommes animés d’une cause.

2. RorschachPersonnage violent, homophobe, et sociopathe, Rorschach est LE personnage le plus dérangeant mais aussi le plus iconique de Watchmen.

A noter : à l’occasion de nombreuses interview, Alan Moore était irrité d’entendre que Rorscharch était le personnage favori des lecteurs.

3. Un univers parallèle quasi intemporelEn 1986 de nombreux comics reflétaient les angoisses liées à la course aux armements nucléaires principalement entre la Russie et les USA. Dans Watchmen, les Etats-Unis ont certes gagné la guerre du Vietnam,  l’absurdité inhérente de la destruction de masse est mis en lumière, mais les voitures électriques sont le moyen de transport de base, ce qui ( en plus d’autres détails ) permet de placer l’oeuvre dans un univers alternatif.
Ce choix permet de facto de contribuer à l’intemporalité de l’univers de Watchmen,

4. Sexe & ViolenceSi le sexe et la violence ne sont pas nouveaux dans les comics, Watchmen va aux antipodes du  » kid-friendly » et va bien au-delà de Batman The Dark Knight Returns ( où Miller cherchait à déconstruire Batman ). Watchmen va au-delà des limites, et montre à un lecteur-spectateur le viol, le massacre d’animaux : en outre quelques ingrédients supplémentaires pour apporter une touche provocatrice.

5. Un style graphique uniqueDans les comics, les couleurs primaires étaient utilisées pour les super-héros. Pour les vilains, il s’agissait de couleurs plus « secondaires ». Le duo David Gibbons et son coloriste John Higgins ont travaillé essentiellement sur cette palette de couleurs secondaires ce qui reflète toute l’ambiguïté des différents personnages.

6. Le « Citizen Kane » du comicsWatchmen est le seul roman graphique ayant figuré sur la liste des 100 meilleurs romans de Time Magazine. Pourquoi ? Watchmen ne s’est pas contenté d’inspirer le monde de la bande-dessinée. Entité raréfiée traitée avec la même pertinence que la littérature, Watchmen a su transformer le médium. La bande-dessinée n’était plus pour les enfants et a su enflammer les débats.

7. Une fin controversée
Vous pensiez réellement que nous allions vous spoiler ?

watchmen

Quand le Comédien, justicier au service du gouvernement, se fait défenestrer, son ancien allié, Rorschach, mène l’enquête.

Il reprend rapidement contact avec d’autres héros à la retraite dont le Dr Manhattan, surhomme qui a modifié le cours de l’histoire. Alors qu’une guerre nucléaire couve entre les USA et l’URSS, tous s’interrogent : qui nous gardera de nos Gardiens ?

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